Vendredi saint

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Semaine Sainte                                 Vendredi 25 mars 2016

 LECTURES : Isaïe 52,13 – 53,12; Psaume 30; Hébreux 4,14…19,42; Jean 18,1 – 19,42

Ecce homo

« Qu’as-tu fait ? » demande Pilate à Jésus. Mais pour lui, les choses sont claires : son intérêt personnel prévaudraLe chemin de Croix du Fils commence :

« Nous avons jugé Dieu et nous l’avons condamné à mort » (Paul Claudel).

A la deuxième station du chemin de Croix, le Saint s’identifie à notre misère :

« Voici l’agneau de Dieu, qui prend sur lui le péché du monde ».

A la troisième station, Jésus tombe sous notre poids.

« Ils se rient de ma chute, ils s’attroupent, ils s’attroupent contre moi ».

A la quatrième station, Jésus rencontre sa mère, éperdue de douleur.

« Toi-même, une épée te transpercera l’âme ».

Au cinquième arrêt, un passant se charge de la Croix qui portera les nôtres.

« Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et moi je t’aime ».

A la sixième station, une femme essuie le visage de l’Homme :

« L’amour parfait chasse la crainte ».

A la septième station, Dieu tombe une deuxième fois :

« Quiconque s’abaisse sera élevé ».                                   

A la huitième station, Dieu réconforte les pleureuses :

« Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant ».

A la neuvième station, Dieu atteint les profondeurs du désespoir humain :

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur ».

A la dixième station, Jésus se laisse dépouiller :

« Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mes vêtements ».

A la onzième station, le Roi du monde est cloué au lit de toutes nos douleurs :   

« Pas ma volonté, Père, mais la tienne… »

A la douzième station du chemin de Croix, Jésus étend ses bras entre ciel et terre.

Il nous prend avec lui dans sa mort, comme il nous prendra dans sa résurrection.

« Quand je serai élevé de terre, j’attirerai les hommes à moi ».

« En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit ».

C’est accompli !

 

Dans ses blessures…

Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Isaïe 50,9

Le Fils de Dieu vit ses derniers jours sur cette terre:

Le Serviteur de Dieu prophétisé par Isaïe, c’est lui.

Ce qui était annoncé, il l’accomplira pour nous.

Quelle signification donner au destin tragique de Jésus ?

Mystère insondable de notre iniquité !

Face aux horreurs de notre histoire, Dieu n’est ni indifférent ni passif.

Comment alors ne pas tout déposer au pied de la croix de son Christ… ?

Comment ne pas croire à son pardon… ?

« Où est-il, votre Dieu » face à l’iniquité du mal ?

Que les sceptiques gardent pour eux leur ironie !

Le Christ en croix est la réponse à quiconque doute de la compassion du Père.

Scellée par la souffrance rédemptrice du Christ, la parole de Dieu est crédible.

Quiconque l’a accueillie un jour au cœur de sa détresse, ne serait-ce qu’un moment, le sait bien.

Seigneur, donne à chacun de nous un peu de l’intelligence du mystère de la Croix. Fais que notre vie soit cohérente avec ce que tu nous fais connaître, et si tu veux que nous pratiquions avant de connaître, que nous aimions avant de comprendre, donne-nous ton Esprit à travers ta mort et ta Résurrection glorieuse.

+Carlo Maria Martini

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Belgique

De base terroriste à cible ? La Belgique a subi ce mardi les pires attentats jamais commis sur son sol depuis 1945. Le bilan provisoire fait état d’au moins 26 morts et 130 blessés. Les attaques, qui ont été revendiquées par l’Etat islamique, ne sont pourtant pas une surprise. Depuis plusieurs années, la Belgique se retrouve au centre de pratiquement toutes les enquêtes sur les réseaux terroristes jihadistes basés en Europe. De Mehdi Nemmouche, principal suspect de la tuerie au musée juif de Bruxelles en mai 2014, aux attaques qui ont ensanglanté la capitale belge ce 22 mars 2016, les itinéraires des uns et des autres s’entremêlent et reviennent, souvent, dans les petites rues de Molenbeek, commune déshéritée de l’agglomération bruxelloise.

L’histoire s’est encore accélérée l’an passé. En janvier 2015, une semaine après les attentats de Paris, les forces de police belges lancent plusieurs opérations dans le royaume. Elles visent notamment la ville de Verviers, où elles démantèlent une cellule prête à passer à l’acte. Le 21 août, Ayoub El-Khazzani, un Marocain de 26 ans qui a séjourné à Molenbeek, tente d’ouvrir le feu sur les passagers d’un Thalys Amsterdam-Paris. Il faut l’intervention de plusieurs voyageurs pour maîtriser l’individu et éviter un carnage.

Enfin, les attentats de Paris de novembre 2015 ont été préparés en grande partie dans la capitale belge. L’arrestation, il y a quatre jours à Bruxelles, de Salah Abdeslam, le dixième membre du commando du 13 novembre, devrait permettre aux enquêteurs d’obtenir de nouveaux indices sur la structuration de ce réseau particulièrement étoffé. La Belgique est en effet le pays européen qui, par rapport à sa population, a fourni le plus gros contingent de combattants à l’Etat islamique. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur belge, près de 400 personnes sont parties en Syrie, dont 117 en sont revenues.

Du terrorisme propalestinien au jihad global

Le royaume entretient cependant une histoire plus ancienne avec le terrorisme. Dès 1969, date à laquelle une grenade blesse deux employés d’une compagnie d’aviation israélienne à Bruxelles, la Belgique fait pendant deux décennies les frais d’attaques de plus ou moins grande envergure, avec à chaque fois une connotation antisémite très marquée et l’implication récurrente de groupes terroristes propalestiniens.

Qu’il s’agisse d’une grenade lancée sur des enfants juifs à Anvers en 1980 (un ado de 15 ans tué), d’une voiture piégée explosant devant une synagogue de la même ville en 1981 (trois morts), d’une attaque au fusil-mitrailleur à l’entrée d’un lieu de culte juif à Bruxelles en 1982 ou bien de tirs ciblés sur des personnalités juives : un fonctionnaire de l’ambassade d’Israël blessé par balles en 1972 et le président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique assassiné en 1989. L’aéroport Zaventem, touché ce mardi, avait quant à lui déjà été pris pour cible en 1979, là encore à la grenade, par trois terroristes palestiniens qui visaient les voyageurs débarquant d’un vol en provenance d’Israël – douze personnes avaient été blessées.

Après cette vague d’attentats, le pays est épargné par le terrorisme islamiste des années 90. Il sert néanmoins de base arrière aux combattants du GIA (groupe islamique armé) et du Front islamique du salut, dont certains y avaient obtenu l’asile politique. Début 1995, le ministère de l’Intérieur belge recense «une petite centaine de militants actifs» de ces groupes sur son territoire. En mars 1995, les hommes de la cellule antiterroriste belge arrêtent une dizaine de personnes suspectées d’avoir mis en place un soutien logistique (armes, argent) destiné au réseau algérien et européen du GIA. Leur procès en septembre 1995 prend une acuité particulière, alors qu’une vague d’attentats touche la France.

Myriade d’organisations extrémistes

La décennie suivante va confirmer ce rôle central de la Belgique. Il faut dire qu’un terreau particulièrement propice au radicalisme religieux s’y est développé. Dès les années 60, l’Arabie Saoudite entame un travail de prosélytisme à Bruxelles, en finançant une grande mosquée et un centre culturel islamique au parc du Cinquantenaire. C’est dans ce contexte que commencent à prospérer une myriade d’organisations extrémistes, profitant à la fois de la place centrale de la Belgique dans la géographie européenne, d’une population immigrée socialement défavorisée, souvent reléguée dans les mêmes quartiers, et d’une certaine passivité des autorités.

Deux jours avant les attaques du 11 septembre 2001, un épisode remet la Belgique au centre du jihad mondial. Le commandant Massoud, principal ennemi des talibans en Afghanistan, est assassiné dans un attentat à la bombe. Ses deux meurtriers sont tunisiens. Ils s’appellent Dahmane Abd El-Sattar et Bouraoui El-Ouaer et résidaient en Belgique. Le premier est marié à Malika el-Aroud, qui semble l’avoir fortement influencé et que l’on retrouvera au cœur des cercles jihadistes belges. Elle se remariera ainsi à Moez Garsallaoui, un Belgo-Tunisien qui fut l’une des têtes pensantes des filières acheminant des combattants d’Europe vers les zones tribales pakistanaises. Garsallaoui aurait notamment formé Mohamed Merah, le tueur de Montauban et Toulouse, lors de son passage dans la région. El-Aroud est condamnée à huit ans de prison en 2010 pour avoir animé un forum jihadiste précurseur.

Les prédicateurs de Molenbeek

Dans les années 2000, des prédicateurs jihadistes prospèrent sur ce terreau. Il y a d’abord le Centre islamique belge (CIB), mosquée salafo-jihadiste animée par le «cheikh» Bassam Ayachi. Ce Franco-Syrien semble avoir fait le lien entre les différentes générations de jihadistes belges. Il fut celui qui maria Malika el-Aroud à son premier conjoint, puis fut l’inspirateur de nombreux départs vers l’Afghanistan, l’Irak ou la Syrie, les destinations variant selon le jihad du moment, grâce à des chatroomsgérés par son fils et un converti français venu s’installer à Molenbeek, Raphaël Gendron.

Ces précurseurs du «cyber-jihad» mourront finalement les armes à la main en Syrie en 2013, un an après le démantèlement du groupuscule par la police belge. Agé de 70 ans, Bassam Hayachi est quant à lui «le plus vieux jihadiste belge» en Syrie, à la tête de sa propre unité combattante, par ailleurs opposée à l’Etat islamique qui a tenté de l’assassiner en 2015. Depuis la fermeture du CIB, la mosquée clandestine Loqman de Molenbeek, fréquentée entre autres par Ayoub El-Khazzani, pourrait avoir pris la relève.

A LIRE AUSSI :La Belgique, carrefour de l’islamisme

A la même époque, dans les rues de Molenbeek ou aux abords de la gare du Nord de Bruxelles où il distribue de la nourriture aux SDF, il n’est pas rare de croiser Jean-Louis «Le Soumis», converti volubile et propagandiste local, «héros» de plusieurs reportages télévisés (notamment celui de la RTBF où on le voit tracter contre… Saint-Nicolas). Il sera condamné en janvier 2016 à dix ans de prison pour avoir «dirigé une filière terroriste» en incitant deux lycéens à se rendre en Syrie. Le tribunal note alors le «rôle néfaste de gourous autoproclamés tels que Jean-Louis Denis auprès de jeunes en quête de repères et qui ont une connaissance limitée de leur religion».

Un nouveau noyau salafiste s’impose à l’orée des années 2010 : Sharia4Belgium. Le groupuscule originaire d’Anvers fait les gros titres avec des manifestations coups-de-poing où ses membres demandent la fin de la démocratie, l’établissement de la charia et la peine de mort pour les homosexuels. Dirigés par Fouad Belkacem, ses militants provoquent une émeute devant le commissariat de Molenbeek en 2012 en réaction à l’interpellation d’une femme en niqab.

Passé dans la clandestinité en 2013 après sa dissolution, Sharia4Belgium aurait, selon la justice belge, fourni 10% des jihadistes du pays partis sur le front syrien. Belkacem, jugé en 2014 aux côtés de 46 autres membres, est condamné à douze ans de prison en février 2015 pour son rôle dans«l’organisation terroriste». Abdelhamid Abbaoud, un des membres clés des commandos du 13 Novembre, est d’ailleurs passé par les rangs de l’organisation, incarnant la continuité de ces réseaux dans le jihadisme belge.

Sylvain Mouillard , Guillaume Gendron

in Libération, 23 mars.

We are Brussels

Apocalipsul Sfântului Apostol Ioan

Capitolul 22

1 Apoi mi-a arătat un râu cu apa vieţii, limpede ca cristalul, care ieşea din tronul lui Dumnezeu şi al Mielului. 2 În mijlocul pieţei [cetăţii] a, de o parte şi de alta a râului, creşte pomul vieţii, care aduce douăsprezece roade: b în fiecare lună îşi dădea rodul său, iar frunzele copacului erau pentru vindecarea naţiunilor.
     3 Şi nu va mai fi nici un blestem. Tronul lui Dumnezeu şi al Mielului va fi în [cetate] şi servitorii săi îl vor adora. 4Ei vor vedea faţa lui, iar numele său va fi pe frunţile lor. 5 Nu va mai fi noapte acolo şi nu vor mai avea nevoie nici de lumina candelei, nici de lumina soarelui, pentru că Domnul Dumnezeu îi va lumina, iar ei vor domni în vecii vecilor. 

EPILOG
Venirea lui Cristos

    6 Şi mi-a zis: „Acestea sunt cuvinte adevărate şi vrednice de crezare, iar Domnul Dumnezeul duhurilor profeţilor l-a trimis pe îngerul său ca să le arate slujitorilor săi ceea ce trebuie să se întâmple în curând. 7 Şi iată, eu vin curând! Fericit cel care păstrează cuvintele profeţiei cărţii acesteia!”
     8 Iar eu, Ioan, sunt cel care am auzit şi am văzut acestea. Când le-am auzit şi le-am văzut, am căzut la picioarele îngerului care mi-a arătat acestea, ca să-l ador. 9 Dar el mi-a zis: „Vezi să nu faci asta! Sunt şi eu un slujitor împreună cu tine şi cu fraţii tăi, cu profeţii şi cu cei care păstrează cuvintele cărţii acesteia. Pe Dumnezeu să-l adori!”
     10 Apoi mi-a zis: „Nu sigila cuvintele profeţiei cărţii acesteia pentru că timpul este aproape. 11 Cine este nedrept să nedreptăţească încă, cine este necurat să fie tot necurat, dar cine este drept să facă mai departe dreptatea, iar cine este sfânt să fie tot sfânt”.
     12 „Iată, eu vin curând şi răsplata mea este cu mine, ca să dau fiecăruia după ceea ce a făcut. 13 Eu sunt alfa şi omega, cel dintâi şi cel din urmă, începutul şi sfârşitul.
     14 Fericiţi cei care îşi spală hainele ca să aibă în viitor putere asupra pomului vieţii şi să poată intra prin porţi în cetate. 15 Afară câinii, vrăjitorii, desfrânaţii, criminalii, idolatrii şi oricine iubeşte şi practică minciuna.
     16 Eu, Isus, l-am trimis pe îngerul meu ca să mărturisească acestea înaintea voastră şi înaintea Bisericilor. Eu sunt rădăcina, descendenţa lui David, steaua cea care străluceşte, aceea de dimineaţă”.
     17 Şi Duhul şi Mireasa spun: „Vino!” Iar cel care aude să spună „Vino!” şi cel căruia îi este sete, cel care vrea să primească apa vieţii în dar, să vină!
     18 Eu dau mărturie înaintea oricui ascultă cuvintele profeţiei cărţii acesteia: dacă va adăuga cineva ceva la ele, va trimite Dumnezeu peste el plăgile scrise în cartea aceasta, 19 iar dacă cineva scoate [ceva] din cuvintele cărţii profeţiei acesteia, Dumnezeu va îndepărta partea lui de la pomul vieţii şi de la cetatea cea sfântă şi de la cele scrise în cartea aceasta.
     20 Cel care dă mărturie spune acestea: „Da, voi veni curând!”
    „Amin. Vino, Doamne Isuse”.
     21 Harul Domnului Isus [să fie] cu toţi c.

 

Rameaux et Passion

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Aujourd’hui, sa glorieuse Passion !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 19, 28-40)

En ce temps-là,
Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.
Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie,
près de l’endroit appelé mont des Oliviers,
il envoya deux de ses disciples, en disant :
« Allez à ce village d’en face.
À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché,
sur lequel personne ne s’est encore assis.
Détachez-le et amenez-le.
Si l’on vous demande :
‘Pourquoi le détachez-vous ?’
vous répondrez :
‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ »
Les envoyés partirent
et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.
Alors qu’ils détachaient le petit âne,
ses maîtres leur demandèrent :
« Pourquoi détachez-vous l’âne ? »
Ils répondirent :
« Parce que le Seigneur en a besoin. »
Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus,
jetèrent leurs manteaux dessus,
et y firent monter Jésus.
À mesure que Jésus avançait,
les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.
Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers,
toute la foule des disciples, remplie de joie,
se mit à louer Dieu à pleine voix
pour tous les miracles qu’ils avaient vus,
et ils disaient :
« Béni soit celui qui vient,
le Roi, au nom du Seigneur.
Paix dans le ciel
et gloire au plus haut des cieux ! »
Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule,
dirent à Jésus :
« Maître, réprimande tes disciples ! »
Mais il prit la parole en disant :
« Je vous le dis :
si eux se taisent,
les pierres crieront. »

COMMENTAIRE du fr. Jacques Marcotte, Montréal

La liturgie de ce jour est déjà longue… Il ne faut pas trop en rajouter.  Laissons simplement le récit de la Passion du Seigneur faire son chemin en nous, en méditant sur quelques détails de ce parcours troublant de notre Seigneur.

Nous vivons en ce jour une liturgie toute en contrastes. Elle évoque d’une part la gloire et le triomphe du Seigneur et d’autre part son épreuve, sa souffrance, ses persécutions subies, et sa mort à la fin.  C’est une sorte de passage inversé à vivre comme un grand paradoxe, qui annonce pourtant Pâques et la victoire prochaine.

Nous venons de vivre en mystère cette victoire qui déjà s’annonçait, en vérité, non seulement lors de la royale entrée de Jésus à Jérusalem – que nous avons évoquée en début de célébration, – mais aussi tout au long du long récit de Luc, où tellement de détails font bien voir le penchant de miséricorde et de compassion dans lequel balance Jésus, de tout son cœur, de tout son être.

La Passion du Seigneur selon S. Luc se déroule sur un mode majeur; elle chante la victoire et la puissance du Christ en son épreuve elle-même; elle nous parle d’un Christ qui s’avance avec sérénité sur un chemin de compassion, de pardon, de guérison, de bienfaisance.  Chez lui point de révolte, ni de repli sur soi, ni de panique. Plein de détails nous révèlent déjà les effets merveilleux de l’offrande du Christ. 

Nous avons vu par maints détours et circonstances que le mystère de la Rédemption était à l’œuvre déjà : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… », // « Filles de Jérusalem, pleurez sur vous, sur vos enfants… »,  // « Aujourd’hui tu seras avec moi en paradis… ». 

En cette lecture de la Passion, en cette eucharistie mémorial vivant de la Pâques du Seigneur, en cette Sainte Semaine, en nos propres vies marquées de mort, de souffrance, de peurs et de péchés, en tous nos signes de croix, nos gestes d’humanité et nos élans de charité, le Christ Sauveur avance avec nous, nous avançons avec lui.  Laissons donc le Mystère de sa Pâques nous toucher et produire dans nos vies, dans le monde, – aujourd’hui -, des effets de conversion, de guérison, d’amour et de tendresse, de relèvement salutaire.  Que dans la puissance de notre communion, avec lui et entre nous, nous soyons partie prenante de son œuvre de salut ! 

S-a întâmplat acum patru ani

„Nu vreau ca fiul meu si nepoteii mei sa fie uitati.

Nu stiu daca trairea aceasta îmi va ramâne sau nu, dar nu-mi ai îngadui nici sa traiesc, nici sa râd; poate am dreptate, poate gresesc, dar… sunt atâtea lucruri pe care nu me mai pot împartasi cu fiul meu si nepotii mei, asa ca nu mai vreau sa ma bucur de nimic în lipsa lor. Sotia mea este si ea o mama care sufera atroce de când ei nu mai sunt. Cu cât trece vremea, cu cât e mai apasatoare, mai prezenta, lipsa lor. Îmi lipsesc atât de mult! Nu ma voi consola niciodata si, dupa ce a trecut anul de doliu, continui sa ma duc la sinagoga zi de zi pentru a recita cadisul în amintirea lor. Nu înteleg de ce au murit… Nu pot admite faptul ca nu stiu cum s-au petrecut exact lucrurile, nu stiu daca baieteii l-au vazut cazând pe tatal lor, sau daca el i-a vazut cum cad. Din fericire, mai lucrez înca, asta ma împiedica sa ma gândesc…”

Acum patru ani, în martie 2012, câteva nume erau smulse brutal anonimatului normalitatii. Iar oroarea atentatelor teroriste reîncepea. Numele monstrului cu mitraliera si scooter e celebru în Franta si nu numai. E un francez, nascut într-un cartier popular într-o familie de “beurs”, adica arabi. Un personaj plin de ura, marginal plimbat prin Orientul Mijlociu, unde s-a radicalizat, autor al unor crime multiple, planificate meticulos si chiar filmate…

Înainte de a fi asaltat de trupele speciale Raid si ucis în apartamentul din Toulouse unde se baricadase, a apucat sa se laude cu ceea ce savârsise, regretând numai ca nu a omorât mai multi ani.

MM. Nume prea adesea pomenit, pe care eu nu-l transcriu aici. Numele victimelor circula mai putin, si de fapt ele nu trebuie uitate. Ei au fost : Imad Ibn-Zlaten, 30 ani, militar, ucis la Toulouse în ziua de 11 martie 2012, Abel Chennouf, 25 ani, si Mohamed Legouad, 23 ani, parasutisti din Montauban, împuscati pe 15 martie. În ziua de 19 martie, la Toulouse, în fata unei scoli evreiesti, cad sub gloantele aceluiasi asasin Jonathan Sandler, de 30 ani, copiii lui de cinci si trei ani, Arieh si Gabriel, si Myriam Monsonego, de opt ani.

Erau atacate, în acest fel, armata franceza, si evreii, vesnicul tap ispasitor al dezaxatilor si nu numai. Caci si marginalii victime ale unor nedreptati sociale si istorice, si mase relativ mari din unele natii, dintre care oameni cu carte, se lasa amagiti de ideea ca, o data dat cu bisturiul în “abcesul de fixatie” al presupusei infectii, dreptatea si onoarea li se vor fi automat restabilite…

MM era unul din acesti nedreptatiti, marginalizat dupa ce esuase în mi multe tentative de a intra în armata franceza. Din mic delincvent, s-a transformat în terorist, dupa ce s-a antrenat nici nu mai stiu pe unde… si nici nu ma intereseaza. Ma obsedeaza însa unul din gesturile lui, când, dupa ce a început sa mitralieze în fata scolii evreiesti, a observat o fetita cre fugea înauntru, si s-a repezit s-o prinda, ca sa-i traga un glonte în cap.

Myriam. Jonathan, profesor la acea scoala, si copiii lui Arieh si Gabriel, pe care-i ducea la gradinita.

“Cel mai greu de îndurat, e sa aud numele ucigasului pronuntat atât de des. Numele victimelor sunt pomenite rar. Sa nu se mai auda de acest monstru ! Nu-l pot considera fiinta omeneasca pe acela care a fost în stare sa traga într-un copil cu suseta în gura si gustarea în ghiozdan. Dar nu am simtit niciodata ura.

Isoria evreilor e plina de tragedii: daca ar fi sa încetam sa ne adresam celor care ne-au facut rau, nu am mai vorbi cu nimeni”.

Din marturia lui Samuel Sandler, tata si bunic al unora din victimele atentatelor de la Toulouse, 2012. Spicuiri dintr-un articol publicat în La Croix, 27 noiembrie 2015.

De câte ori să tot ierți?

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Gândul zilei…

Alexander Pope a spus odată că „a greși e omenește, a ierta e dumnezeiește.” Se pare că, nimic nu Îl caracterizează mai bine pe Dumnezeu ca iertarea. Și nimic nu ne face mai asemenea Lui decât să iertăm. Există însă limite pentru iertare? De câte ori să tot ierți?

Isus a răspuns acestei preocupări printr-o parabolă simplă, numită „Parabola robului nemilostiv”. Putem ierta pe alții nelimitat pentru că și Dumnezeu a făcut la fel cu noi. Aceasta este ideea centrală a mesajului acestei parabole. Amintindu-ne mereu cât de mult ne-a iertat Dumnezeu pe noi, vom găsi resursele necesare să-i iertăm și noi pe alții. Și atunci „și ne iartă nouă greșelile noastre, cum iertăm și noi greșiților noștri”, se transformă dintr-un ritual frumos într-o realitate frumoasă.
Să aveți o primăvară binecuvântată!

Samy Tuțac

Vezi articolul original

Toi qui sondes les abîmes, béni sois-tu !

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères ; à toi, louange et gloire éternellement !  (Daniel 3,52)

 Béni sois-tu, Dieu de nos pères, en tous ceux que tu as créés.

Béni sois-tu en chacun, car chacun est une merveille.

Béni sois-tu en nos frères qui te cherchent, ainsi qu’en ceux qui t’ignorent.

Béni sois-tu pour nos frères aînés dans la foi, que tu as tirés d’esclavage.

Béni sois-tu pour leur avoir fait traverser le désert.

Béni sois-tu parce que tu es Dieu-pour-nous.

Béni sois-tu parce que chaque personne est une histoire sainte.

Béni sois-tu pour ton Fils Jésus, Dieu-avec-nous pour les siècles des siècles.

Béni sois-tu pour sa croix de gloire.

Béni sois-tu pour l’Esprit qu’il nous envoie, dans son Eglise qui nous rassemble.

Béni sois-tu pour notre baptême qui nous plonge dans la mort et la vie du Christ.

Béni sois-tu parce qu’en lui tu nous ouvres ton ciel.

Béni sois-tu pour l’Esprit Saint, Roi céleste, notre avocat, maître, consolateur.

 

Pécheurs, moi, vous, tous…

Dimanche 13 mars 2016 Cinquième Dimanche Carême

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,1-11.

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

bruegel-christ-and-woman - Copie

Méditation Equipe Evangile@Peinture

La force de l’évidence est soulignée par la mise en scène. La femme est placée au centre. Elle est le  problème. La situation de flagrant délit écarte toute possibilité d’ambiguïté. Elle est coupable. Et la Loi de Moïse est formelle. Elle doit être lapidée. Tout est dit. Elle est déjà jugée. Jésus, malgré la question qui lui est adressée, n’a plus vraiment l’espace d’une parole autre. Et pourtant… Ce qui se joue ici n’est pas le procès de cette femme mais bien celui de Jésus en réalité. Celui qui est au centre de toute l’attention, c’est lui. La femme n’est qu’un prétexte pour le faire tomber. En revanche, ce qui est en jeu pour Jésus, c’est bien elle, mais aussi tous ceux qui sont là à guetter comment il va s’en Jésus ne conteste pas la culpabilité, ni la Loi de Moïse et sa prescription. Ce serait se mettre en faute.

Il tire les conséquences de la situation et place tout le monde devant sa propre responsabilité pour exécuter ce que leur jugement commande: la mort de cette femme. Qui va en être l’auteur ? Pour cela, il faut être vierge de tout péché dit Jésus. Il remet simplement tout le monde dans le même camp : dans la communauté des pécheurs. Personne n’en est exempt: donc tous solidaires! Ce faisant, Jésus fait autorité et renverse le rapport de force. Il est littéralement en train d’écrire cette loi nouvelle de l’inscrire sur la terre, comme au ciel, mettant au coeur de la relation avec les autres la miséricorde entre les pécheurs que nous sommes tous.

Le problème n’est donc en réalité ni la femme ni Jésus mais nous et notre besoin de juger qui nous isole les uns des autres et nous coupe d’une solidarité – positive et miséricordieuse.

Puissions-nous donc (re)devenir ces espaces accueillants où la sanction n’est pas le dernier mot à opposer au péché mais bien la miséricorde qui réintègre dans la communauté, relance le désir et le réoriente vers la vie.