Propos d’un sage: M. Bellet

De la publication „La chair et le souffle”

„Tous coupables, tous innocents”  par Maurice Bellet

Prêtre catholique, docteur en philosophie et en théologie, Maurice Bellet pratique également l’écoute psychanalytique. Son œuvre s’inscrit au confluent de ces trois disciplines. Il est l’auteur de plus de 50 ouvrages, dont Le dieu pervers (Paris, DDB, 1979), L’épreuve ou le tout petit livre de la divine douceur (Paris, DDB, 1988), Le Dieu sauvage. Pour une foi critique (Paris, Bayard, 2007), Dieu, personne ne l’a jamais vu (Paris, Albin Michel, 2008), Je ne suis pas venu apporter la paix. Essai sur la violence absolue (Paris, Albin Michel, 2009). Considéré comme une figure majeure de la théologie, il mène un travail de recherche radical qui prend en compte tout à la fois l’intégralité de la tradition chrétienne et ce qu’il en est de l’humanité dans le monde contemporain. L’acte d’écoute est au cœur de sa démarche pour «entendre à neuf» les Écritures et les donner à entendre comme heureuse nouvelle jusqu’au au cœur des détresses les plus profondes des êtres humains.

„À première vue, la culpabilité est une chose très banale qui relève de la condition humaine. Il n’y a pas de société humaine sans lois ; s’il y a loi, c’est parce qu’il y a des transgressions et s’il y a des transgressions, il faut tout de même qu’elles soient sanctionnées, sinon c’est le chaos. Il peut y avoir des transgressions qui sont excusables, mais aussi des cas où tout de même il faut décider de la culpabilité.

C’est bien le problème des tribunaux : pour savoir si l’accusé mérite d’être vraiment accusé ou excusé. Et puis, pour chacune et chacun, devant sa conscience, c’est aussi un problème : il est tout de même souhaitable, si on veut que l’éthique, que la morale demeure, que chacun ait le courage de reconnaître quand il a commis une faute ; que cette faute qu’il a commise, c’est de sa faute, qu’il doit se l’imputer, avec les conséquences qui en découlent : la regretter, la réparer, prendre de bonnes résolutions, etc.

Mais dès que l’on regarde les choses de près surgissent des problèmes. La différence entre accusé et excusé, c’est déjà un abîme ! Il n’est qu’à voir les hésitations, les difficultés des tribunaux… Et puis il y a deux dérives possibles : d’une part, les gens qui ne reconnaissent pas leur culpabilité, qui la nient d’une façon ou d’une autre, avec plus ou moins de gravité, depuis la perversion «simple» (si je puis dire) du jeune qui pratique des brutalités extrêmes et qui ne voit pas en quoi c’est mal, jusqu’à la perversion raffinée, subtile. D’autre part, il y a celui qui se croit coupable et qui ne l’est pas : culpabilisation pathologique. Avec cela, on peut dériver vers deux grands malheurs du psychisme : la perversion dans le premier cas, la névrose dans le deuxième”.

 

à suivre

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