Dusmanul, celalalt

Tweet: Picture from Romford today. (Photo with permission from the must-follow @diamondgeezer)

In evul mediu, „de vina” erau vrajitoarele. Din pricina lor erau incendii, inundatii, crime, nedreptati. Cum mergeau lucrurile rau printr-un sat, ardeau câte una si…necazul le mai trecea populatiilor ferm ancorate în miturile din capul lor.

Mai erau de vina si leprosii, mai ales ca-i trimiteau evreii sa aduca nenorociri pe capul oamenilor  „de bine”. Si maurii, si ereticii, mai ales ereticii. Si când erau în fine demascati si executati, ce fericire pe capul maselor…!

Zilele astea, în Anglia, ura se dezlantuie ca si alta data, cu toate ca sub forme mai putin salbatice;  printre victime se numara, de-a valma, studenti asiatici, prezentatoare BBC cu pielea neagra, chelnerite poloneze si muncitori români. De vina, iar, sunt „ceilalti”. Când nu avem straini la îndemâna, si ne chinuie ura de noi însine, ne aruncam, macar cu gura, pe vecini… 

Leacul la asemenea metehne nu este pe planul realitatilor. Degeaba le amintesti antisemitilor ca nu toti evreii din România au fost comunisti în anii de dupa razboi, ca nu toti liderii comunisti erau evrei, ca necazul l-a adus un alt antisemit, Stalin, cu armatele lui; ca au existat, în anii razboiului, legi antievreiesti si masacre. Ca Shoa nu mai trebuie sa se repete, si de aceea se vorbeste mereu de lagarele naziste si de cei care s-au prefacut acolo în fum. La toate, omul cu ideea tapului ispasitor bine insurubata in cap raspunde ineptii, si-si varsa convulsiv si repetitiv veninul. Sa fie oare mai fericit cu asta? Dar englezul din poza…?

 

 

 

Britanicii și europenii în epoca post-Brexit. Despre semnificațiile unei decizii istorice. (Un guest-post de Samuel Marușca) (partea a II-a) — Vaisamar

Mai jos puteți citi a doua parte a analizei făcute de Samuel Marușca pe tema Brexit. Prima parte AICI. 4. Întrebări pentru România. Vom avea nevoie de viză pentru a călători și locui în Regatul Unit? Se vor mări taxele pentru studenți? Vom avea nevoie de permis de lucru („yellow/blue card”) pentru a avea dreptul […]

via Britanicii și europenii în epoca post-Brexit. Despre semnificațiile unei decizii istorice. (Un guest-post de Samuel Marușca) (partea a II-a) — Vaisamar

Chaos/Haos + n???????

Nu pot decat sa transcriu ce mai citesc. Brexit ma scoate din sarite, desi stiam ca numarul prostilor e considerabil mai mare decat al celor cu ceva doxa.

„Libération”

„Et maintenant ? Comme il fallait s’y attendre, les Etats membres et les institutions communautaires n’ont aucun plan B, pas plus que les partisans britanniques du Brexit. D’où le flottement actuel, tant à Bruxelles que dans les capitales européennes. Tout se passe comme si personne n’avait osé envisager le pire, pariant sur une vision idéalisée du fameux «pragmatisme» anglais. Faute de préparation, il ne faut donc pas s’attendre à ce que les chefs d’Etat et de gouvernement, qui se réunissent mardi et mercredi à Bruxelles, ou encore le Parlement européen, qui tient une session extraordinaire mardi, proposent une réponse ambitieuse au séisme politique que vient de vivre l’Union. «On ne peut pas préparer un nouveau traité dans les quinze jours», a reconnu Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, samedi, lors d’un débat à Sciences-Po Paris.

Il est vrai que la réaction des Vingt-Sept dépendra de l’analyse qu’ils feront des raisons du vote négatif des Anglais et des Gallois, mais aussi de la réaction de la classe politique britannique. Pour l’instant, la poussière de la déflagration du leave est loin d’être retombée, à tel point qu’on ne sait pas encore si et quand Londres activera l’article 50 du traité sur l’Union qui enclenche le processus de sortie. Outre que le référendum est consultatif, il faudra que le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté obtienne une majorité à la Chambre des communes, où les «Bremain» sont largement majoritaires, mais aussi, semble-t-il, au sein des Parlements régionaux : or l’Ecosse n’a aucune intention de faciliter la tâche des Brexiters… Un beau casse-tête constitutionnel en perspective.

… les 27 capitales reconnaissent que le projet européen est en danger, euroscepticisme et nationalisme ayant le vent en poupe partout dans l’UE. Il faut donc le remettre d’aplomb afin de répondre aux préoccupations des citoyens. Plus facile à dire qu’à faire.

Comment ne pas paralyser l’UE ?

C’est le cauchemar des Européens : que les négociations du Brexit durent des années et paralysent l’UE. Car, tant que le Royaume-Uni n’est pas sorti, il siégera au sein des instances et pourra poser son veto à toute réouverture des traités, par exemple. Face aux hésitations de Londres, David Cameron, le Premier ministre britannique, laisse à son successeur le soin d’activer l’article 50. Et Boris Johnson, leader des leave au sein du Parti conservateur, considère qu’il n’y a aucune urgence à le faire. Les ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de l’UE (France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg), réunis samedi à Berlin, ont, eux, invité le Royaume-Uni à lancer «le plus vite possible» la procédure de sortie. «Nous disons ici, ensemble, que ce processus doit commencer aussi vite que possible pour qu’on ne se retrouve pas embourbés», a martelé le ministre allemand, Frank-Walter Steinmeier. Le Parlement européen devrait adopter mardi une résolution semblable : il faut couper les ponts au plus vite avec le Royaume-Uni pour éviter le pourrissement. A Bruxelles, on multiplie les gestes symboliques : les 27 représentants permanents (ambassadeurs) des Etats membres se sont réunis dimanche sans leur collègue britannique pour préparer le sommet de mardi et de mercredi, et il est déjà prévu que Cameron sera exclu du sommet de mercredi. Toujours pour accroître la pression, le Polonais Donald Tusk, qui préside le Conseil européen, a désigné samedi le Belge et fonctionnaire européen Didier Seeuws comme chef de la «Brexit task force», alors que la Commission mettait en place un groupe équivalent pour préparer les futures négociations.

Reste à savoir si les Vingt-Sept sont sur la même longueur d’onde. A Paris, on reconnaît «que si le SPD [Parti social-démocrate allemand, ndlr] ou Wolfgang Schäuble [le ministre des Finances] sont d’accord pour accélérer les choses, la chancelière n’est pas encore parfaitement alignée. Comme dans le cas de la Grèce, elle veut se donner du temps».D’autant que l’activation de l’article 50 recouvre une seconde question : comment éviter que Londres refuse de le faire tant qu’il n’a pas obtenu l’assurance d’un futur statut préférentiel qui ne le coupera pas du marché intérieur, élément vital pour lui ? «L’article 50 n’a pas été conçu pour servir d’instrument de chantage. Un pays peut sortir, mais c’est seulement ensuite qu’on se mettra d’accord sur un futur statut»,insiste un diplomate français. Or plusieurs Etats pourraient accepter de se montrer conciliants : d’abord l’Allemagne et les Pays-Bas, qui réalisent à eux deux plus de la moitié de l’excédent commercial de l’UE avec le Royaume-Uni, mais aussi les pays du Nord dont l’anglophilie n’est plus à démontrer.

«Mark Rutte [le Premier ministre néerlandais], après avoir hésité, a admis que toute attitude trop conciliante serait utilisée par les europhobes comme argument de campagne pour montrer qu’une rupture n’est pas si grave, explique-t-on à Paris. Nous avons le même problème, tout comme Matteo Renzi en Italie.» On se dit confiant qu’au final Merkel, pas aussi menacée par les populistes que Hollande, soutiendra le point de vue français. Mais l’attitude des autres pays n’est absolument pas garantie : ce sera l’un des principaux enjeux du sommet de mardi et de mercredi.

Qui veut relancer l’Union ?

Si Hollande a immédiatement affirmé que «l’Europe ne peut plus faire comme avant» et que Manuel Valls a appelé à «refonder, réinventer une autre Europe en écoutant les peuples», la prudence l’emporte dans la plupart des autres capitales, où l’appétence pour une remise à plat du projet européen est plus que limitée. Surtout, Allemands et Français ne sont pas d’accord entre eux sur les contours d’une telle relance, qui passerait nécessairement par une réforme des traités. Car expliquer que l’Europe ne fait pas assez pour les gens est pour le moins limité, les régions anglaises les plus aidées financièrement par l’UE étant souvent celles qui ont le plus massivement voté pour le Brexit…

En fait, depuis l’élection de Hollande, le couple franco-allemand se porte mal, en dépit des dénégations de Paris. En grande partie parce que Berlin n’a plus grande confiance en son partenaire, s’inquiétant de sa capacité à réformer son économie. Mais aussi parce que le chef de l’Etat n’a jamais formulé la moindre proposition concrète acceptable par l’Allemagne : celle-ci refuse d’aller plus loin dans l’intégration politique sans une modification des traités qui permettrait de démocratiser la zone euro. Zone qui fonctionne en dehors de tout contrôle parlementaire, européen ou national. De fait, Hollande craint par-dessus tout de devoir convoquer un référendum pour changer les traités, référendum qu’il serait certain de perdre. Mais pour Berlin, des changements «à traités constants»sont inacceptables : le gouvernement est soumis à la pression de sa Cour constitutionnelle, qui a déjà jugé à plusieurs reprises que l’UE est un trou noir démocratique. Ce qui fait obstacle à tout partage de souveraineté supplémentaire. Pas question donc d’un budget de la zone euro ou d’un Trésor capable de lever l’emprunt sans contrôle parlementaire. Une contradiction dans laquelle s’est empêtré le couple franco-allemand.

Cela étant, tout n’est pas de la faute de Paris : outre-Rhin, la crise de la zone euro et la solidarité forcée à l’égard de la Grèce ont laissé des traces profondes, tout comme la politique monétaire trop accommodante de la Banque centrale européenne, qui a jeté par-dessus bord tous les fondamentaux de la Bundesbank : «La chancelière nous a dit qu’elle était épuisée par la crise grecque et qu’il ne fallait pas compter sur elle pour aller plus loin dans l’approfondissement de la zone euro», confie un responsable français.

Or sans un couple franco-allemand en ligne, rien ne peut se faire, comme l’a rappelé dimanche le Président : «Il est de la responsabilité de la France et de l’Allemagne de prendre l’initiative.» Matteo Renzi, le président du Conseil italien, conscient de ce blocage, a imaginé un nouveau moteur, celui que pourraient former les six Etats fondateurs. Son idée serait qu’ils accouchent d’une proposition de nouveau traité pour le 60e anniversaire du traité de Rome, en mars 2017. Mais, là aussi, ça coince, plusieurs pays, dont l’Espagne, n’appréciant pas de se retrouver mis sur le côté… Et ce format n’a pour l’instant pas permis de surmonter les divergences franco-allemandes. Enfin, parmi les autres pays européens, aucun n’est demandeur d’un approfondissement de l’UE, en particulier les pays nordiques et d’Europe centrale…

Relancer pour quoi faire ?

Tirer les leçons du Brexit n’est pas simple, puisque le Royaume-Uni avait un statut à part au sein de l’UE et ne participait pas aux politiques les plus intégrées : monnaie unique, union bancaire, Schengen, politique d’immigration et d’asile, etc. En outre, Cameron avait obtenu de ses partenaires en février de nouvelles clauses dérogatoires qui lui auraient notamment permis de discriminer les ressortissants européens sur le plan des prestations sociales… Mieux, les accusations de déficit démocratiques, en ce qui la concerne, tombaient à plat : le marché intérieur et la politique agricole commune sont, depuis le traité de Lisbonne, totalement contrôlés par le Parlement européen et la Commission a commencé sa mue démocratique en 2014, son président étant désormais directement issu des élections européennes. Autrement dit, sauf à déconstruire l’UE, on ne voit pas bien l’enseignement qui pourrait être tiré de cette consultation, si ce n’est éventuellement en mettant au clair la répartition des compétences entre niveau européen et niveau national.

En revanche, personne ne peut nier la montée de l’euroscepticisme, notamment au sein des 19 pays de la zone euro. C’est là le principal enjeu, comme l’a parfaitement compris Hollande, qui a appelé à un«renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique». Ce qui passe par une réforme des traités, afin d’instaurer un contrôle parlementaire donnant enfin la parole aux citoyens sur la gestion de la zone euro. A l’Elysée, on l’admet enfin, mais on renvoie la réforme après 2017…

Comment réformer ?

La tentation française est de négocier un nouveau traité entre Etats, et comme d’habitude, à charge pour chacun de le faire ensuite ratifier. Une méthode qui échoue de plus en plus, comme le montre la succession de référendums négatifs sur l’UE. «Il faut procéder autrement en lançant des conventions citoyennes à travers l’Europe, a plaidé Macron, samedi. Un projet de refondation, ça doit se construire avec les gens, à partir d’un débat démocratique.» Pour éviter 27 référendums, il plaide pour une «consultation transeuropéenne».Les Etats seront-ils prêts à une telle révolution ? De la réponse qu’ils apporteront à cette question dépend le futur de l’UE. Et les vingt dernières années n’incitent guère à l’optimisme.

Jean Quatremer

Ils se mordront les doigts…

Le nouveau Maire de Londres, Sadiq Khan, a lui-aussi déclaré, ce matin, vouloir faire de Londres un État indépendant, afin qu’elle reste dans l’Union. Que cette initiative aboutisse ou non, des milliers de Londoniens ont déjà signé sa pétition.

Un pays sidéré par la nouvelle de la sortie de l’Union

La Grande-Bretagne s’est réveillée, ce matin, en état de choc. Même les partisans du Brexit avaient une mine sombre car ils n’en croyaient pas leurs yeux: la Livre n’était jamais descendue aussi bas depuis trente ans. Beaucoup d’électeurs ont déclaré avoir voté contre l’Union plutôt en guise de protestation. Devant le fait accompli, tous semblent assez décontenancés et beaucoup de gens interviewés regrettent déjà d’avoir voté en faveur du Brexit. „On ne savait pas quelles conséquences cela aurait, disent-ils. Les médias n’ont relayé aucune information de fond.” Depuis ce matin, selon le Washington Post, les recherches sur Google liées aux conséquences de la sortie de l’Union ont décuplé.

David Cameron s’est rendu à Buckingham Palace, selon la tradition, pour annoncer sa démission. Pendant la campagne, la Reine Elisabeth était sortie de sa réserve en demandant à plusieurs de ses invités: „Donnez-moi de bonnes raisons de rester dans l’Union européenne”. Le Financial Times vient de lui répondre, un peu tard peut-être: „La triste réalité c’est que ce sont les classes défavorisées qui ont voté pour le Brexit contre les élites, car elles se sentaient en précarité économique, et que ce sont elles qui vont le plus souffrir en terme de perte d’emplois et d’investissements. La deuxième tragédie est que nos jeunes ne pourront plus étudier et travailler librement dans 27 pays. On ne mesure pas le nombre d’opportunité perdues, d’amitiés et même de possibilités de mariages dont leur auront privé leurs parents, oncles et grands-parents en votant pour la sortie de l’Union. Troisièmement, et c’est peut-être la plus importante, le triste constat que nous sommes dans une démocratie post factuelle qui préfère les mythes aux faits… Et le journal de conclure: Les Britanniques en avaient peut-être assez des experts, mais citez-nous une seule fois où une culture d’anti-intellectuels a mené à autre chose qu’à l’intolérance et la bigoterie.”

Car ce sont des mythes que l’on a effectivement entendus dans la bouche de Boris Johnson et de Nigel Farage, relayés allègrement par les médias qui portent une grande part de responsabilité, sur une entrée secrètement accélérée de la Turquie, sur les millions de réfugiés qui déferleraient sur le pays, ou pire sur l’échec et la dissolution annoncée de l’Union européenne.

Les Londoniens ne sont pas dupes puisqu’ils ont massivement hué Boris Johnson, ce matin, alors qu’il sortait de sa maison d’Islington.

Pour l’heure, l’essentiel est de rassembler et rassurer

Mais Boris Johnson, hier encore tribun, avait déjà changé de registre. Candidat pressenti pour prendre la tête du parti conservateur, il a adopté, lors de son intervention télévisée, une mine sombre, presque contrite. Faisant l’éloge de son rival, David Cameron, il a salué en lui le courage d’avoir donné aux Britanniques une chance „de reprendre les rênes de leur pays”. Il a ensuite cherché à rassurer: „Nous ne pouvons tourner le dos à l’Europe. Nous sommes dans l’Europe et il n’est pas nécessaire de faire partie d’une fédération pour continuer à partager notre défense, nos services de renseignements…”

Or tout le monde sait, comme me l’avait confié l’ancien chef des Services Secrets, Sir Richard Dearlove, que ce ne sont pas la défense et la sécurité qui étaient en cause dans le référendum. C’est plutôt le retard que subira le pays, forcé de renégocier bilatéralement tous les accords avec chaque pays membre, ou bien la perte des subventions dans certains secteurs, comme l’éducation, ou des régions, notamment pour le Pays de Galles, qui poseront problème. D’autant que l’Union européenne ne leur accordera aucun traitement de faveur, cherchant à tout prix à décourager d’autres pays de choisir l’indépendance.

A Oxford, nous avons tous entendu les théories de grands historiens comme E. H. Carr, selon lesquelles il est hasardeux de consulter les opinions publiques sur les questions dont les pays dépendent, car elles n’ont pas toutes les cartes en mains. David Cameron, oxfordien et compagnon de classe de Boris Johnson, n’avait sans doute pas écouté en cours, ce jour-là.

http://www.huffingtonpost.fr/brigitte-ades/brexit-europe-la-fin-du-royaume-uni_

Des relations tendues depuis longtemps

19 septembre 1946 : à l’issue de la Seconde Guerre mondiale et à la suite de la défaite des conservateurs aux élections anglaises de 1945, Winston Churchill prononce le discours de Zurich. L’ancien Premier ministre britannique en appelle à la « construction des États-Unisd’Europe ».

9 août 1961 : le Royaume-Uni se porte candidat pour adhérer à la Communauté économique européenne (CEE) créée en 1957.
14 janvier 1963 : le général de Gaulle s’oppose par veto à l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE.

27 novembre 1967 : deuxième veto du général de Gaulle.

1er janvier 1973 : entrée du Royaume-Uni dans la CEE.

5 juin 1975 : plus de 67 % des Britanniques se prononcent par référendum en faveur de l’appartenance du Royaume-Uni à la CEE.

30 novembre 1979 : mécontente avec la politique agricole commune (PAC), la Première ministre conservatrice Margaret Thatcher prononce ces mots restés célèbres : « Je veux qu’on me rende mon argent » (« I want my money back »).

25-26 juin 1984 : un compromis budgétaire est trouvé lors du Conseil européen de Fontainebleau. Après des mois de négociations avec les dirigeants allemands et français de l’époque, la Dame de fer obtient un rabais de la contribution du Royaume-Uni au budget communautaire. C’est le fameux « chèque britannique ».

7 février 1992 : signature du Traité de Maastricht, qui contient une clause d’exemption (« opt-out ») pour le Royaume-Uni. Cette clause permet aux Britanniques de ne pas passer à la monnaie unique.

20 avril 2004 : quoique europhile, le Premier ministre travailliste Tony Blair annonce qu’il souhaite soumettre à référendum la Constitution de l’Union européenne, qui n’est jamais adoptée.

23 janvier 2013 : le Premier ministre conservateur David Cameron promet d’organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE en cas de victoire des conservateurs aux législatives de 2015.

23 juin 2016 : les Britanniques votent par référendum la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Bloody fools!

Anne Sinclair, Huffington Post

Messieurs les Anglais, vous avez tiré les premiers

Est-ce la fin d’un monde connu ?

Personne n’y croyait vraiment à ce Brexit, malgré les alarmes, et pourtant c’est arrivé. Cela fait 43 ans que nous vivions avec elle, beaucoup d’entre nous n’ont jamais connu l’Europe sans la Grande Bretagne. Alors, en vrac quelques réactions émotionnelles, non pas sur l’économie de l’Union qu’on va analyser en abondance, mais sur ce „farewell” qui – ne nous rassurons pas à bon compte – n’est pas un au revoir mais un adieu.

– Une pensée d’abord pour nos amis britanniques. Car ils restent nos amis, auxquels nos pères et grands-pères doivent beaucoup dans les heures plus que sombres du XXème siècle. S’il vaut mieux oublier Chamberlain, Winston Churchill – un bien lointain prédécesseur de David Cameron ! – est un héros européen dont le courage, la clairvoyance, la détermination nous ont sauvés du cauchemar.

– Une pensée bien sûr pour les jeunes britanniques, qui, comme tous les jeunes du monde, rêvaient d’espace, de circulation libre, de l’absence de visas, et qui votaient pour le maintien dans l’Europe à 75%. C’est la défaite de la jeunesse, la défaite de ceux qui refusaient un repli identitaire sur une petite Angleterre, coupée de l’Irlande, de l’Ecosse, farouchement européennes ; la défaite de l’ouverture, du grand large, de ceux qui n’ont pas peur. Et c’est la victoire des mensonges populistes déversés à profusion, sur l’invasion étrangère, sur une fantasmatique adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, sur une „indépendance” que le Royaume Uni aurait perdu… Quel délire !

– Une pensée ensuite pour ceux qui ont cru les marchands d’illusions. Comme le dit avec justesse Pervenche Bérès, députée européenne dans nos colonnes du Huff ce matin, „c’est l’Union Européenne qui permet à ses Etats membres de mieux faire entendre leur voix dans le monde actuel”. C’est elle qui peut résister aux empires chinois ou américains, faire face aux enjeux de défense, au terrorisme, aux délocalisations. Quelle faiblesse sera la nôtre, si nous remplaçons un monde multipolaire, certes, mais construit sur des blocs à peu près égaux, par une fragmentation de nations incapables de résister à tous ceux qui veulent voir l’Europe se disloquer ?

– Et donc une pensée enfin pour un rêve qui s’envole. L’Europe s’est construite sans les Anglais et peut se poursuivre sans eux. Mais le poison est entré dans les esprits. Puisqu’on peut sortir, sortons, c’est simple comme un coup de vote ! Et la contagion que beaucoup redoutent, pointe son nez. Nexit, Frexit, on voit venir les démolisseurs qui exultent, ceux qui plaident pour des pays étriqués. On ne savait pas Marine Le Pen si anglophile au point d’arborer l’Union Jack sur son compte Twitter. Les ancêtres du Front National, ses prédécesseurs au sein de l’extrême droite française ne l’étaient pas, c’est le moins qu’on puisse dire. Les mânes de Jeanne d’Arc doivent en être tout émus…

– Face à tous ceux qui vont nous dire que ce n’est pas si dramatique que cela, il faut leur dire que si, c’est grave. Qu’il faut agir vite. Lundi François Hollande et Angela Merkel vont se voir : pourquoi pas aujourd’hui, pas ce week end ? Quand un Président français est élu, c’est le lendemain qu’il part à Berlin assurer son homologue allemand que rien ne changera dans sa politique. L’heure n’est plus aux discours, mais aux décisions : mettre enfin en place un Parlement de la zone euro et un gouvernement économique. Harmoniser les protections sociales et fiscales, démocratiser cette Europe qui, telle quelle, est trop loin des peuples. Nous avons besoin de signes qui montrent que l’Europe se réveille, pas de paroles rassurantes, lénifiantes, et que chacun retourne à ses préoccupations nationales. L’Allemagne et la France ont des échéances politiques en 2017. Ce n’est pas le moment de se livrer aux petits calculs et aux maigres ambitions. Les leaders de demain seront ceux qui pourront proposer une vision pour l’Europe. Sinon, Messieurs les Anglais vous aurez vraiment tiré les premiers.