Une mémoire s’est éteinte

Lu dans Le Point du 3 juillet 2016, en hommage à Elie Wiesel, décrié dans mon pays suite à une calomnie… et au fait qu’un institut pour la préservation de la mémoire de l’Holocauste porte son nom. Ce matin, j’écoutais sur France Culture un dialogue qu’il me semble important de réécouter et de transmettre, sur la propagation de la haine, la chasse aux sorcière et… l’impossibilité de répondre à des contre-vérités, tout simplement parce qu’elles ne sont pas de l’ordre d’une quelconque évidence, mais de certains schèmes mentaux récurrents…

C’est une mémoire de l’histoire qui est décédée ce samedi 2 juillet. Élie Wiesel, qui résidait aux États-Unis, est mort à l’âge de 87 ans. Cet écrivain juif qui avait survécu aux camps de la mort avait été honoré du prix Nobel de la paix en 1986 pour son engagement. Reconnu comme un des plus grands militants des droits de l’homme, il avait perdu la quasi-totalité de sa famille lors de la déportation organisée par l’Allemagne nazie et avait raconté cette tragédie personnelle dans La Nuit.

Elie Wiesel a vécu en France durant plusieurs années, avant de s’expatrier de l’autre côté de l’Atlantique. Son décès a été annoncé par le mémorial de l’Holocauste Yad Vashem à Jérusalem. Un porte-parole de ce mémorial a confirmé la mort de l’écrivain juif américain d’origine roumaine, sans donner plus de précisions. Selon le New York Times, Elie Wiesel est décédé chez lui à Manhattan à l’âge de 87 ans.

Honoré en France par la Légion d’honneur – il avait été élevé au titre de grand-croix -, il avait aussi été honoré par la médaille d’or du Congrès américain et était également commandeur de l’ordre de l’Empire britannique. Il laisse une oeuvre comprenant plus de 50 livres écrits en français et plusieurs autres publiés en anglais, Élie Wiesel a reçu de nombreux prix littéraires durant sa carrière.

François Hollande : Elie Wiesel était « un grand témoin du siècle écoulé », lui qui est « né dans une famille juive roumaine en 1928 (…), fut déporté avec ses soeurs et ses parents à l’âge de 15 ans » et a « connu l’enfer des camps d’extermination, la mort omniprésente, la tyrannie de la faim, l’humanité dépouillée de tout », selon le communiqué. Cet « homme universel avait une relation particulière avec la France, où il fit ses études après la guerre, où il a publié la première édition de La Nuit.

Aux États-Unis, où résidait Elie Wiesel, Barack Obama lui a aussi rendu hommage : « Elie n’était pas seulement le plus célèbre survivant de la Shoah, il était un mémorial vivant », a déclaré le président américain. « Sa vie et la force de son exemple nous poussent à être meilleurs. »

Engagé dans de multiples causes

« L’oubli n’est pas une maladie individuelle mais collective », estimait Elie Wiesel. Pour « empêcher l’oubli » de la Shoah et favoriser la compréhension entre les peuples, ce « messager de l’humanité », comme l’a qualifié le comité Nobel, a créé la Fondation Elie Wiesel pour l’humanité, avec son épouse, et l’Académie universelle des cultures. Elie Wiesel a souvent dénoncé la responsabilité des dirigeants qui « savaient » le sort des juifs déportés, notamment Roosevelt et Churchill. En 1979, le président Carter lui avait montré les photos prises, fin 1942, par des avions militaires américains survolant Auschwitz.

Il s’est engagé pour de multiples causes, car il avait « fait un voeu après la guerre : que toujours, partout où un être humain serait persécuté, je ne demeurerais pas silencieux ». Né le 30 septembre 1928 à Sighet, en Roumanie (alors Transylvanie), dans une famille pauvre, Elie Wiesel est déporté à 15 ans à Auschwitz-Birkenau où sa mère et sa plus jeune soeur sont assassinées. Son père meurt devant lui à Buchenwald où ils ont été transférés.

À sa sortie du camp, en 1945, il est recueilli en France par l’OSE (Oeuvre juive de secours aux enfants) et y vit jusqu’à l’âge de 28 ans en 1956. Après des études de philosophie à la Sorbonne, il devient journaliste et écrivain.

Une vie entre les États-Unis, la France et Israël

Citoyen américain depuis 1963, Elie Wiesel a occupé longuement la chaire en sciences humaines de l’université de Boston et partagé sa vie entre les États-Unis, la France et Israël. Elie Wiesel, qui, en 2006, avait refusé la présidence de l’État d’Israël, soulignant qu’il n’était « qu’un écrivain », avait confirmé, six ans plus tard, un projet de livre avec le président Obama.

Il était revenu à Auschwitz en 2006 avec la star de la télévision américaine Oprah Winfrey. Il avait aussi accompagné Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel à Buchenwald. « Après que nous avons marché ensemble parmi les fils de fer barbelés et les miradors de Buchenwald, Elie m’a dit des mots que je n’ai jamais oubliés : La mémoire est devenue un devoir sacré pour tous les hommes de bonne volonté », a déclaré samedi Barack Obama.

 

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