Le parenting, bon ou moins bon ?

Selon Alison Gropnik, psychologue de l’enfance, pas du tout, car anxiogène et inadapté.

„Quelque chose a changé à la fin du 20e siècle. Les parents ont eu des enfants beaucoup plus tard, à 30 ou 40 ans, sans pour autant avoir acquis une quelconque expérience sur la manière d’en prendre soin. Lorsque vient l’heure de devenir parent, ils pensent devoir procéder de la même façon qu’en étudiant ou en travaillant, c’est-à-dire en suivant des modèles, en visant des compétences et buts à atteindre. En réponse, on voit apparaître une myriade de « modes d’emploi », qui passent par des livres, des sites Internet, des émissions spécialisées, des magazines, des associations… C’est ce que j’appelle le modèle du parenting. Les traditions d’autrefois ont été remplacées par des prescriptions qui touchent aussi bien au développement qu’à la socialisation, à la scolarité ou la santé des enfants… Il faudrait apprendre à être parent de manière professionnelle, tout comme on apprendrait à devenir journaliste ou manager.
Que reprochez-vous à ce modèle, qui repose pourtant sur la volonté de bien faire ?

Bien sûr, nous voulons tous que nos enfants soient heureux, qu’ils réussissent ! Difficile donc de ne pas réfléchir à ce qu’il faut faire pour les éduquer au mieux. Mais ce que je tente de montrer, c’est que ce que vous faites pour votre enfant n’a d’impact que parce que vous êtes la personne que vous êtes, dans une relation d’amour particulière entre deux êtres uniques. Alors que le modèle du parenting tente d’imposer l’idée que ce que vous faites juste en vous occupant d’un enfant dont vous souhaitez prendre soin est insuffisant. Ce modèle ne fait que renforcer l’anxiété des parents. Ils ont le sentiment de ne jamais en faire assez : il faudrait suivre les devoirs avec soin sinon l’enfant sera en échec, éviter la télévision mauvaise pour le cerveau, faire faire du piano, répondre immédiatement aux pleurs, proposer telles activités d’éveil… Cette tendance, qui est née aux États-Unis, complique considérablement l’expérience des parents, en entraînant plus de stress que nécessaire. Et au-dessus de la tête des enfants, un nuage d’attentes angoissantes est apparu, qui stagne…

Plus fondamentalement, ce modèle du parenting repose sur une idée fausse, selon laquelle il y aurait une manière universelle d’éduquer les enfants, qui transcenderait toutes les générations. Or, la science de l’évolution nous apprend précisément que chaque génération produit des personnes très différentes par rapport aux générations précédentes, si bien que les préconisations d’aujourd’hui ont toutes les chances de varier demain. Façonner les enfants à nos idéaux du moment est donc non seulement futile, mais même néfaste, car cela peut entraver la capacité d’adaptation de nos enfants aux changements à venir.”

https://www.scienceshumaines.com/halte-au-surinvestissement-parental-rencontre-avec-alison-gopnik_fr_38773.htm

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