Psalmii și spiritualitatea creștină (2) — Persona

Inițial publicat pe „Alteritas” de D. Jemna:

Din lectura primilor cincizeci de Psalmi, am subliniat caracterul contextual și particular al mesajului lor și cum anume a fost creionată o imagine despre Dumnezeu după tiparele religiosului lumii antice. În textul biblic nu există întrebări explicite legate de natura lui Dumnezeu, ci mai degrabă aprecieri care privesc raportul omului…

via Psalmii și spiritualitatea creștină (2) — Persona

Jean Baptiste, mort pour le Christ

jbaptiste

Jean Baptiste, mort pour le Christ, par

Lansperge le Chartreux (1489-1539), religieux, théologien

Sermon pour la Décollation de saint Jean Baptiste 

„Jean n’a pas vécu pour lui seul et il n’est pas mort pour lui seul.

Combien d’hommes, chargés de péchés, sa vie dure et austère n’a-t-elle pas menés à la conversion ?

Combien d’hommes sa mort imméritée n’a-t-elle pas encouragés à supporter leurs épreuves ?

Et nous, d’où nous vient aujourd’hui l’occasion de rendre fidèlement grâce à Dieu, sinon du souvenir de saint Jean assassiné pour la justice, c’est-à-dire pour le Christ ? (…)

Oui, Jean Baptiste a sacrifié de tout cœur sa vie ici-bas pour l’amour du Christ ; il a préféré mépriser les ordres du tyran plutôt que ceux de Dieu. Cet exemple nous enseigne que rien ne doit nous être plus cher que la volonté de Dieu.

Plaire aux hommes ne sert pas à grand-chose ; souvent même cela nuit grandement. (…) C’est pourquoi, avec tous les amis de Dieu, mourons à nos péchés et à nos agitations, foulons aux pieds notre amour-propre dévié, et veillons à laisser croître en nous l’amour fervent du Christ.”

Saint Augustin, fêté le 28 août

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Tableau de Philippe de Champaigne

Sur Saint Augustin, Évêque d’Hippone, Docteur de l’Église 
(354-430), des catéchèse du pape Benoît XVI

„… saint Augustin:  homme de passion et de foi, d’une très grande intelligence et d’une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l’Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ignorent le christianisme ou qui ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l’Occident et du monde entier.

En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l’on pourrait affirmer, d’une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd’hui Annaba, sur la côte algérienne), le lieu où il était Evêque et, de l’autre, que de cette ville de l’Afrique romaine, dont Augustin fut l’Evêque de 395 jusqu’à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

Rarement une civilisation ne rencontra un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se nourrirait, comme le souligna également Paul VI:  „On peut dire que toute la pensée de l’Antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants” (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l’Eglise qui a laissé le plus grand nombre d’œuvres.

Son biographe Possidius dit qu’il semblait impossible qu’un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d’une prochaine rencontre. Aujourd’hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l’on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessions, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessions d’Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu’à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du „moi”, au mystère de Dieu qui se cache derrière le „moi”, est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, pour ainsi dire, un „sommet” spirituel.

Mais pour en venir à sa vie, Augustin naquit à Taghaste – dans la province de Numidie de l’Afrique romaine – le 13 novembre 354, de Patrice, un païen qui devint ensuite catéchumène, et  de Monique, fervente chrétienne. Cette femme passionnée, vénérée comme une sainte, exerça sur son fils une très grande influence et l’éduqua dans la foi chrétienne. Augustin avait également reçu le sel, comme signe de l’accueil dans le catéchuménat. Et il est resté fasciné pour toujours par la figure de Jésus Christ; il dit même avoir toujours aimé Jésus, mais s’être éloigné toujours plus de la foi ecclésiale, de la pratique ecclésiale, comme cela arrive pour de nombreux jeunes aujourd’hui aussi.

Augustin avait aussi un frère, Navigius, et une sœur, dont nous ignorons le nom et qui, devenue veuve, fut ensuite à la tête d’un monastère féminin. Le jeune garçon, d’une très vive intelligence, reçut une bonne éducation, même s’il ne fut pas un étudiant exemplaire. Il étudia cependant bien la grammaire, tout d’abord dans sa ville natale, puis à Madaure et, à partir de 370, la rhétorique à Carthage, capitale de l’Afrique romaine:  maîtrisant parfaitement la langue latine, il n’arriva cependant pas à la même maîtrise du grec et n’apprit pas le punique, parlé par ses compatriotes. Ce fut précisément à Carthage qu’Augustin lut pour la première fois l’Hortensius, une œuvre de Cicéron qui fut ensuite perdue et qui marqua le début de son chemin  vers  la conversion. En effet, le texte cicéronien éveilla en lui l’amour pour la sagesse, comme il l’écrira, devenu Evêque, dans les Confessiones:  „Ce livre changea véritablement ma façon de voir”, si bien qu'”à l’improviste toute espérance vaine perdit de sa valeur et que je désirai avec une incroyable ardeur du cœur l’immortalité de la sagesse” (III, 4, 7).

Mais comme il était convaincu que sans Jésus on ne peut pas dire avoir effectivement trouvé la vérité, et comme dans ce livre passionné ce nom lui manquait, immédiatement après l’avoir lu, il commença à lire l’Ecriture, la Bible. Mais il en fut déçu. Non seulement parce que le style latin de la traduction de l’Ecriture Sainte était insuffisant, mais également parce que le contenu lui-même ne lui parut pas satisfaisant. Dans les récits de l’Ecriture sur les guerres et les autres événements humains, il ne trouva pas l’élévation de la philosophie, la splendeur de la recherche de la vérité qui lui est propre. Toutefois, il ne voulait pas vivre sans Dieu et il cherchait ainsi une religion correspondant à son désir de vérité et également à son désir de se rapprocher de Jésus.

Il tomba ainsi dans les filets des manichéens, qui se présentaient comme des chrétiens et promettaient une religion totalement rationnelle. Ils affirmaient que le monde est divisé en deux principes:  le bien et le mal. Et ainsi s’expliquerait toute la complexité de l’histoire humaine. La morale dualiste plaisait aussi à saint Augustin, car elle comportait une morale très élevée pour les élus:  et pour celui qui y adhérait, comme lui, il était possible de vivre une vie beaucoup plus adaptée à la situation de l’époque, en particulier pour un homme jeune. Il devint donc manichéen, convaincu à ce moment-là d’avoir trouvé la synthèse entre rationalité, recherche de la vérité et amour de Jésus Christ. Il en tira également un avantage concret pour sa vie:  l’adhésion aux manichéens ouvrait en effet des perspectives faciles de carrière. Adhérer à cette religion qui comptait tant de personnalités influentes lui permettait également de poursuivre une relation tissée avec une femme et d’aller de l’avant dans sa carrière. Il eut un fils de cette femme, Adéodat, qui lui était très cher, très intelligent, et qui sera ensuite très présent lors de sa préparation au baptême près du lac de Côme, participant à ces „Dialogues” que saint Augustin nous a légués.

Malheureusement, l’enfant mourut prématurément. Professeur de grammaire vers l’âge de vingt ans dans sa ville natale, il revint bien vite à Carthage, où il devint un maître de rhétorique brillant et célèbre. Avec le temps, toutefois, Augustin commença à s’éloigner de la foi des manichéens, qui le déçurent précisément du point de vue intellectuel car ils étaient incapables de résoudre ses doutes, et il se transféra à Rome, puis à Milan, où résidait alors la cour impériale et où il avait obtenu un poste de prestige grâce à l’intervention et aux recommandations du préfet de Rome, le païen Simmaque, hostile à l’Evêque de Milan saint Ambroise.

A Milan, Augustin prit l’habitude d’écouter – tout d’abord dans le but d’enrichir son bagage rhétorique – les très belles prédications de l’Evêque Ambroise, qui avait été le représentant de l’empereur pour l’Italie du Nord, et le rhéteur africain fut fasciné par la parole du grand prélat milanais et pas seulement par sa rhétorique; c’est surtout son contenu qui toucha toujours plus son cœur.

Le grand problème de l’Ancien Testament, du manque de beauté rhétorique, d’élévation philosophique se résolvait, dans les prédications de saint Ambroise, grâce à l’interprétation typologique de l’Ancien Testament:  Augustin comprit que tout l’Ancien Testament est un chemin vers Jésus Christ. Il trouva ainsi la clef pour comprendre la beauté, la profondeur également philosophique de l’Ancien Testament et il comprit toute l’unité du mystère du Christ dans l’histoire et également la synthèse entre philosophie, rationalité et foi dans le Logos, dans le Christ Verbe éternel qui s’est fait chair.

Augustin se rendit rapidement compte que la lecture allégorique des Ecritures et la philosophie néoplatonicienne pratiquées par l’Evêque de Milan lui permettaient de résoudre les difficultés intellectuelles qui, lorsqu’il était plus jeune, lors de sa première approche des textes bibliques, lui avaient paru insurmontables.

A la lecture des écrits des philosophes, Augustin fit ainsi suivre à nouveau celle de l’Ecriture et surtout des lettres pauliniennes. Sa conversion au christianisme, le 15 août 386, se situa donc au sommet d’un itinéraire intérieur long et tourmenté dont nous parlerons dans une autre catéchèse, et l’Africain s’installa à la campagne au nord de Milan, près du lac de Côme – avec sa mère Monique, son fils Adéodat et un petit groupe d’amis – pour se préparer au baptême. Ainsi, à trente-deux ans, Augustin fut baptisé par Ambroise, le 24 avril 387, au cours de la veillée pascale, dans la cathédrale de Milan.

Après son baptême, Augustin décida de revenir en Afrique avec ses amis, avec l’idée de pratiquer une vie commune, de type monastique, au service de Dieu. Mais à Ostie, dans l’attente du départ, sa mère tomba brusquement malade et mourut un peu plus tard, déchirant le cœur de son fils. Finalement de retour dans sa patrie, le converti s’établit à Hippone pour y fonder précisément un monastère. Dans cette ville de la côte africaine, malgré la présence d’hérésies, il fut ordonné prêtre en 391 et commença avec plusieurs compagnons la vie monastique à laquelle il pensait depuis longtemps, partageant son temps entre la prière, l’étude et la prédication.

Il  voulait uniquement être au service de la vérité, il ne se sentait pas appelé à la vie pastorale, mais il comprit ensuite que l’appel de Dieu était celui d’être un pasteur parmi les autres, en offrant ainsi le don de la vérité aux autres. C’est à Hippone, quatre ans plus tard, en 395, qu’il fut consacré Evêque.

Continuant à approfondir l’étude des Ecritures et des textes de la tradition chrétienne, Augustin fut un Evêque exemplaire dans son engagement pastoral inlassable:  il prêchait plusieurs fois par semaine à ses fidèles, il assistait les pauvres et les orphelins, il soignait la formation du clergé et l’organisation de monastères féminins et masculins. En peu de mots, ce rhéteur de l’antiquité s’affirma comme l’un des représentants les plus importants du christianisme de cette époque:  très actif dans le gouvernement de son diocèse – avec également d’importantes conséquences au niveau civil – pendant ses plus de trente-cinq années d’épiscopat, l’Evêque d’Hippone exerça en effet une grande influence dans la conduite de l’Eglise catholique de l’Afrique romaine et de manière plus générale sur le christianisme de son temps, faisant face à des tendances religieuses et des hérésies  tenaces et sources de division telles que le manichéisme, le donatisme et le pélagianisme, qui mettaient en danger la foi chrétienne dans le Dieu unique et riche en miséricorde.

Et c’est à Dieu qu’Augustin se confia chaque jour, jusqu’à la fin de sa vie:  frappé par la fièvre, alors que depuis presque trois mois sa ville d’Hippone était assiégée par les envahisseurs vandales, l’Evêque – raconte son ami Possidius dans la Vita Augustini – demanda que l’on transcrive en gros caractères les psaumes pénitentiels „et il fit afficher les feuilles sur le mur, de sorte que se trouvant au lit pendant sa maladie il pouvait les voir et les lire, et il pleurait sans cesse à chaudes larmes” (31, 2). C’est ainsi que s’écoulèrent les derniers jours de la vie d’Augustin, qui mourut le 28 août 430, alors qu’il n’avait pas encore 76 ans. Nous consacrerons les prochaines rencontres à ses œuvres, à son message et à son parcours intérieur.”

Audience générale, Mercredi 9 janvier 2008

Saint Augustin nous rappelle que Dieu n’est pas loin de notre raison et de notre vie

„Après la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous revenons aujourd’hui sur la grande figure de saint Augustin. Mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II lui a consacré en 1986, c’est-à-dire pour le seizième centenaire de sa conversion, un long document très dense, la Lettre apostolique Augustinum Hipponensem. Le Pape lui-même souhaita qualifier ce texte d'”action de grâce à Dieu pour le don fait à l’Eglise, et pour elle à l’humanité tout entière, avec cette admirable conversion”. Je voudrais revenir sur le thème de la conversion lors d’une prochaine Audience. C’est un thème fondamental non seulement pour sa vie personnelle, mais aussi pour la nôtre. Dans l’Evangile de dimanche dernier, le Seigneur a résumé sa prédication par la parole:  „Convertissez-vous”. En suivant le chemin de saint Augustin, nous pourrions méditer sur ce qu’est cette conversion:  c’est une chose définitive, décisive, mais la décision fondamentale doit se développer, doit se réaliser dans toute notre vie.

La catéchèse d’aujourd’hui est en revanche consacrée au thème foi et raison, qui est un thème déterminant, ou mieux, le thème déterminant dans la biographie de saint Augustin. Enfant, il avait appris de sa mère Monique la foi catholique. Mais adolescent il avait abandonné cette foi parce qu’il ne parvenait plus à en voir la caractère raisonnable et il ne voulait pas d’une religion qui ne fût pas aussi pour lui expression de la raison, c’est-à-dire de la vérité. Sa soif de vérité était radicale et elle l’a conduit à s’éloigner de la foi catholique. Mais sa radicalité était telle qu’il ne pouvait pas se contenter de philosophies qui ne seraient pas parvenues à la vérité elle-même, qui ne seraient pas arrivées jusqu’à Dieu. Et à un Dieu qui ne soit pas uniquement une ultime hypothèse cosmologique, mais qui soit le vrai Dieu, le Dieu qui donne la vie et qui entre dans notre vie personnelle. Ainsi, tout l’itinéraire spirituel de saint Augustin constitue un modèle valable encore aujourd’hui dans le rapport entre foi et raison, thème non seulement pour les hommes croyants mais pour tout homme qui recherche la vérité, thème central pour l’équilibre et le destin de tout être humain. Ces deux dimensions, foi et raison, ne doivent pas être séparées ni opposées, mais doivent plutôt toujours aller de pair. Comme l’a écrit Augustin lui-même peu après sa conversion, foi et raison sont „les deux forces qui nous conduisent à la connaissance” (Contra Academicos, III, 20, 43). A cet égard demeurent célèbres à juste titre les deux formules augustiniennes (Sermones, 43, 9) qui expriment cette synthèse cohérente entre foi et raison:  crede ut intelligas („crois pour comprendre”) – croire ouvre la route pour franchir la porte de la vérité – mais aussi, et de manière inséparable, intellige ut credas („comprends pour croire”), scrute la vérité pour pouvoir trouver Dieu et croire.

Les deux affirmations d’Augustin expriment de manière immédiate et concrète ainsi qu’avec une grande profondeur, la synthèse de ce problème, dans lequel l’Eglise catholique voit exprimé son propre chemin. D’un point de vue historique, cette synthèse se forme avant même la venue du Christ, dans la rencontre entre la foi juive et la pensée grecque dans le judaïsme hellénistique. Ensuite au cours de l’histoire, cette synthèse a été reprise et développée par un grand nombre de penseurs chrétiens. L’harmonie entre foi et raison signifie surtout que Dieu n’est pas éloigné:  il n’est pas éloigné de notre raison et de notre vie; il est proche de tout être humain, proche de notre cœur et proche de notre raison, si nous nous mettons réellement en chemin.

C’est précisément cette proximité de Dieu avec l’homme qui fut perçue avec une extraordinaire intensité par Augustin. La présence de Dieu en l’homme est profonde et dans le même temps mystérieuse, mais elle peut être reconnue et découverte dans notre propre intimité:  ne sors pas – affirme le converti – mais „rentre en toi-même; c’est dans l’homme intérieur qu’habite la vérité; et si tu trouves que la nature est muable, transcende-toi toi-même. Mais rappelle-toi, lorsque tu te transcendes toi-même, que tu transcendes une âme qui raisonne. Tends donc là où s’allume la lumière de la raison” (De vera religione, 39, 72). Précisément comme il le souligne, dans une affirmation très célèbre, au début des Confessiones, son autobiographie spirituelle écrite en louange à Dieu:  „Tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne repose pas en toi” (I, 1, 1).

Etre éloigné de Dieu équivaut alors à être éloigné de soi-même:  „En effet – reconnaît Augustin (Confessiones, III, 6, 11) en s’adressant directement à Dieu – tu étais à l’intérieur de moi dans ce que j’ai de plus intime et plus au-dessus de ce que j’ai de plus haut”, interior intimo meo et superior summo meo; si bien que – ajoute-t-il dans un autre passage lorsqu’il rappelle l’époque antérieure à sa conversion – „tu étais devant moi; et quant à moi en revanche, je m’étais éloigné de moi-même, et je ne me retrouvais plus; et moins encore te retrouvais-je” (Confessiones, V, 2, 2). C’est précisément parce qu’Augustin a vécu personnellement cet itinéraire intellectuel et spirituel, qu’il a su le rendre dans ses œuvres de manière immédiate et avec tant de profondeur et de sagesse, reconnaissant dans deux autres passages célèbres des Confessiones (IV, 4, 9 et 14, 22) que l’homme est „une grande énigme” (magna quaestio) et „un grand abîme” (grande profundum), une énigme et un abîme que seul le Christ illumine et sauve. Voilà ce qui est important:  un homme qui est éloigné de Dieu est aussi éloigné de lui-même, et il ne peut se retrouver lui-même qu’en rencontrant Dieu. Ainsi il arrive également à lui-même, à son vrai moi, à sa vraie identité.

L’être humain – souligne ensuite Augustin dans De civitate Dei (XII, 27) – est social par nature mais antisocial par vice, et il est sauvé par le Christ, unique médiateur entre Dieu et l’humanité et „voie universelle de la liberté et du salut”, comme l’a répété mon prédécesseur Jean-Paul II (Augustinum Hipponensem, 21):  hors de cette voie, qui n’a jamais fait défaut au genre humain – affirme encore Augustin dans cette même œuvre – „personne n’a jamais trouvé la liberté, personne ne la trouve, personne ne la trouvera” (De civitate Dei, X, 32, 2). En tant qu’unique médiateur du salut, le Christ est la tête de l’Eglise et il est uni à elle de façon mystique au point qu’Augustin peut affirmer:  „Nous sommes devenus le Christ. En effet, s’il est la tête et nous les membres, l’homme total est lui et nous” (In Iohannis evangelium tractatus, 21, 8).

Peuple de Dieu et maison de Dieu, l’Eglise, dans la vision augustinienne est donc liée étroitement au concept de Corps du Christ, fondée sur la relecture christologique de l’Ancien Testament et sur la vie sacramentelle centrée sur l’Eucharistie, dans laquelle le Seigneur nous donne son Corps et nous transforme en son Corps. Il est alors fondamental que l’Eglise, Peuple de Dieu au sens christologique et non au sens sociologique, soit véritablement inscrite dans le Christ, qui – affirme Augustin dans une très belle page – „prie pour nous, prie en nous, est prié par nous; prie pour nous comme notre prêtre, prie en nous comme notre chef, est prié par nous comme notre Dieu:  nous reconnaissons donc en lui notre voix et en nous la sienne” (Enarrationes in Psalmos, 85, 1).

Dans la conclusion de la Lettre apostolique Agustinum Hipponensem Jean-Paul II a voulu demander au saint lui-même ce qu’il avait à dire aux hommes d’aujourd’hui et il répond tout d’abord avec les paroles qu’Augustin confia dans une lettre dictée peu après sa conversion:  „Il me semble que l’on doive reconduire les hommes à l’espérance de trouver la vérité” (Epistulae, 1, 1); cette vérité qui est le Christ lui-même, le Dieu véritable, auquel est adressée l’une des plus belles et des plus célèbres prières des Confessiones (X, 27, 38):  „Je t’ai aimée tard, beauté si ancienne, beauté si nouvelle, je t’ai aimée tard. Mais quoi! Tu étais au dedans, moi au dehors de moi-même; et c’est au dehors que je te cherchais; et je poursuivais de ma laideur la beauté de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi; retenu loin de toi par tout ce qui, sans toi, ne serait que néant. Tu m’appelles, et voilà que ton cri force la surdité de mon oreille; ta splendeur rayonne, elle chasse mon aveuglement; ton parfum, je le respire, et voilà que je soupire pour toi; je t’ai goûté, et me voilà dévoré de faim et de soif; tu m’as touché, et je brûle du désir de ta paix”.

Voilà, Augustin a rencontré Dieu et tout au long de sa vie, il en a fait l’expérience au point que cette réalité – qui est avant tout la rencontre avec une Personne, Jésus – a changé sa vie, comme elle change celle de tous ceux, femmes et hommes, qui de tous temps ont la grâce de le rencontrer. Prions afin que le Seigneur nous donne cette grâce et nous permette de trouver sa paix.”

Audience générale, Mercredi 30 janvier 2008

*

 

Heureux ceux que le Christ enseigne

Un enseignement neuf de par son autorité naturelle

Évangile selon saint Luc (13, 22-30)

21e Dimanche du temps ordinaire C

En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui
demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la
porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de
maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur,
ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et
bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de
moi, vous tous qui commettez l’injustice.” Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez
Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui,
il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

SÉSAME PRATIQUE

Jésus est en route vers Jérusalem. Il sait ce qui l’attend. Il l’a choisi. C’est donc dans cette clarté d’intention
que ses rencontres se passent, que les dialogues se vivent, que les questions se posent. La question du salut
n’est pas la moindre. Il répond sans ambages qu’elle étreint beaucoup de monde, mais que la vraie réponse
n’est pas à chercher chez un autre. Pas même chez lui. Jésus cependant ne se dérobe pas, et par sa réponse, il met chacun devant sa responsabilité. Il dessine
un espace ouvert et un accès. Un accès étroit, mais ouvert. Il semblerait donc que le salut réside dans le fait de se trouver dans cet espace, avec le maître de
la maison. Pour cela, il y a un sésame unique: la pratique de la justice. Et puis il y a un temps pour le vivre: avant qu’il ne ferme les portes. Autrement dit, le
salut ne relève pas d’un désir pieux, d’une proximité ou d’une négociation avec le maître de la maison. Le salut, le fait d’être dans la maison du maître au
moment où il en referme les portes, est le fruit d’une vie engagée dans la pratique de la justice. C’est au fond se situer dans le sillage du maître et vivre comme
lui. Le salut n’est dès lors plus une question, une attente ou un dû, c’est le corollaire d’une vie qui a choisi de se situer dans la Parole en la vivant. Car la justice
se donne dans la Parole qui la dévoile. C’est la porte étroite qui donne accès au coeur du maître et à son festin. Remontons donc le cours des mots de
l’Évangile, continuons ce coeur à coeur et vivons de cette clarté qui donne de voir réellement la justice à vivre, et agrandit la porte à mesure que nous la
traversons.
Notre Pâque est en cours. Nous nous le rappelons à chaque eucharistie. Vivre, c’est mourir à l’injustice. C’est choisir à chaque instant l’amour qui n’a pas
hésité à embrasser la croix. Vivre, c’est maintenant que la porte est ouverte: heureux les invités au repas du festin des noces de l’Agneau !

Marie-Dominique Minassian
Equipe Evangile@Peinture

Nonviolence Works

Nonviolence Works
CA&C

Thursday, August 22, 2019

How is it that many Christians have managed to avoid what Jesus actually taught? We’ve evaded major parts of the Sermon on the Mount (Matthew 5-7): the Beatitudes, Jesus’ warning about idolizing “mammon,” his clear directive and example of nonviolence, and his command to love our enemies. I never see the Beatitudes on courthouse lawns. Perhaps we think his teaching is nice in theory but impractical in real life. Perhaps we do not believe nonviolence can actually effect real change.

A few years ago, people from around the world came together in Rome to discuss the Catholic commitment to peace. Marie Dennis writes: “One person after another shared how violence in his or her own experience, failed, and how nonviolence overcame violence.” [1] As we saw yesterday, Pope Francis is helping reclaim Jesus’ teachings on peace. Dennis continues:

He is saying that nonviolence is effective in the real world of politics—in fact superior to and more effective than violence. The world never gets to peace through violence and war but only begets more violence and war. . . .

[One] active peacemaker the pope points to is Leymah Gbowee, the [2011] Nobel prize winner from Liberia. . . . She organized pray-ins and nonviolent protests that resulted in high-level peace talks to end the second civil war in Liberia. . . . The contributions of such women as Gbowee in Liberia and Marguerite Barankitse in Burundi are showing the way to the eventual cessation of violence and the dawning of peace. . . . [2]

In their book Why Civil Resistance Works, Erica Chenoweth and Maria Stephan write about the effectiveness of nonviolence, drawing from examples in Iran, Palestine, the Philippines, and Burma. Based on in-depth research, they observe that nonviolent resistance is “nearly twice as likely to achieve full or partial success as their violent counterparts.” [3] Nonviolent campaigns have greater participation, loyalty, resilience, innovation, and civic impact than violent ones. [4] While surprising, there’s plenty of evidence that the very thing we consider foolish confounds the wise and that the powerless confound the powerful (see 1 Corinthians 1:27).

One reason for our failure to understand Jesus’ clear teaching on nonviolence lies in the fact that the Gospel has primarily been expounded by a small elite group of educated European and North American men. The bias of white males is typically power and control. From this perspective nonviolence and love of enemies makes no sense whatsoever.

Because we Christians haven’t taken Jesus’ teaching and example seriously, much of the world refuses to take us seriously. “Christians love to talk of a new life,” critics say, “but the record shows that you are afraid to live in a new way—a way that is responsible, caring, and nonviolent. Even the common ‘pro-life movement’ is much more pro-birth than about caring for all life—black and brown lives, refugees, the poor, the sick, immigrants, LGBTQIA people, the environment.” In fact, many “pro-lifers” I know are the first in line to oppose any gun regulation.

I’m grateful that Christianity is finally becoming much more universal in its teaching, more effective in its action, and just more honest about Jesus.

Gateway to Presence:
If you want to go deeper with today’s meditation, take note of what word or phrase stands out to you. Come back to that word or phrase throughout the day, being present to its impact and invitation.

[1] Choosing Peace: The Catholic Church Returns to Gospel Nonviolence, ed. Marie Dennis (Orbis Books: 2018), 230-231. This book includes many of the papers prepared for the conference “Nonviolence and Just Peace: Contributing to the Catholic Understanding of and Commitment to Nonviolence” in Rome (April 2016). All the papers are available at nonviolencejustpeace.net.

[2] Ibid., 231-232, 237.

[3] Erica Chenoweth and Maria J. Stephan, Why Civil Resistance Works: The StrategicLogic of Nonviolent Conflict (Columbia University Press: 2011), 7. Learn more atericachenoweth.com/research/wcrw.

[4] See ibid., 10.

Degeaba le-am avea pe toate dacă suntem răi, haini, mojici şi vulgari… — Prea târziu te-am iubit…

„Degeaba le-am avea pe toate: inteligenţa, cultura, isteţimea, supracultura, doctoratele, supra doctoratele (ca profesorul din Lecţia lui Eugen Ionescu), dacă suntem răi, haini, mojici şi vulgari, proşti şi nerozi, doi bani nu facem, se duc pe apa sâmbetei şi inteligenţa, şi erudiţia, şi supradoctoratele, şi toate congresele internaţionale la care luăm parte, şi toate bursele […]

via Degeaba le-am avea pe toate dacă suntem răi, haini, mojici şi vulgari… — Prea târziu te-am iubit…