En la fête de saint Thomas, ce 3 juillet

« Mon Seigneur et mon Dieu », s’exclame l’apôtre saint Thomas dans la mémorable scène d’apparition du Ressuscité que raconte l’évangéliste Jean (20, 24-29).

Quant à nous, si nous désirons tant rencontrer le Christ, Seigneur de notre cœur et Dieu de notre vie, si nous aspirons à rencontrer son Visage et sa Lumière… que faire ?

C’est une question essentielle, à laquelle doivent se rapporter des choix essentiels.

Saint Paul l’a dit de façon saisissante…

Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus…

Cela nous semble-t-il impossible ? La voie pour y aboutir est là, et tant de saints et de saintes s’y sont engagés. Mais elle est étroite… Des bagages sont à abandonner, des préjugés, peut-être, des idées fixes, des ressentiments du petit moi, l’ego…

Abandonne tout et viens me suivre, a dit Jésus à un jeune homme assoiffé d’absolu… mais comme il était riche, il n’a pas pu…

Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la Croix ! ” (Ph 2, 5-8 ; cf. LH, cantique des Vêpres du samedi).

Mais serait-ce à la force du poignet que l’on se prépare pour rencontrer Jésus ?

Sans doute, il y en a qui le croient, et, incapables de se purifier eux-mêmes selon leurs idées, ou trop pleins de soi, ils ratent la rencontre. On va se confesser, on se souvient de toutes sortes de peccadilles, on reçoit l’absolution, mais on s’en va sans gratitude et sans joie, et rien ne change dans notre vie… Nous allons à la messe, nous communions… la pensée, peut-être, loin de ce qui se passe, cet événement exceptionnel qui est le partage du Corps et du Sang du Seigneur… et nous nous en allons, inchangés, le cœur fermé.

Ce qui nous manque, si tel est le cas, c’est une prise de conscience.

A savoir, une prise de conscience du salut de Dieu que nous vaut le partage de la Parole et la participation au Repas du Seigneur. Nous aimerions être toujours jeunes et beaux, forts et capables de toutes sortes de bonnes actions, nous aimerions nous présenter sous le meilleur jour devant le Seigneur… et voici qu’une épreuve arrive, que l’âge avance, que nous avons du mal à accepter une diminution de nos facultés, une humiliation… Et c’est alors qu’intervient la foi, car nous en avons tellement besoin, et nous ne le savions pas : oui, Dieu est là, et il n’attend pas de nous que nous nous rendions nous-mêmes « dignes » de le rencontrer.

L’expérience de notre faiblesse et son amoureuse acceptation est un moyen radical de nous faire mourir. Aucune protestation de notre propre néant, aucune prosternation devant Dieu ne vaut en sincérité et en efficacité l’acceptation de notre faiblesse pécheresse, de cette humiliation qui fait rougir l’homme jusqu’à la racine de lui-même. Celui qui jouit de sa pauvreté atteint la perfection de l’humilié : il renonce à la recherche de sa propre grandeur. » (Père François-Xavier Durrwell, Dans le Christ Rédempteur)

Lors d’un enseignement donné, peu avant sa mort, le père Durrwell insistait sur ce point :

« Accueillir la miséricorde de Dieu en acceptant de n’être que pécheur ».

On croit pouvoir se sauver soi-même, disait-il, mais en réalité, tout ce qui nous est demandé, c’est d’accueillir tout de la main de Dieu : maladie et faiblesse, imperfections et besoin de pardon… car Dieu se sert de tout pour nous rendre saints. « Il faut être dans une totale méfiance à notre égard… et pleins de courage, pleins de confiance, sachant que dans notre faiblesse, qui est totale face à la sainteté, il suffit de s’ouvrir à Dieu pour être sanctifié… il suffit que nous demandions à Dieu la sainteté pour qu’il nous la donne. »

« La petite Thérèse, quand on lui a apporté la dernière fois la communion au mois d’août, un mois et demi avant sa mort (elle n’a plus pu communier après), a fondu en larmes en entendant le confiteor que les sœurs étaient en train de prier et a dit : Priez pour moi, car elle se sentait une grande pécheresse. C’est extraordinaire. Cet être, qui était d’une finesse extraordinaire… se repentait de la plus petite faute et se considérait comme une grande pécheresse. Et on trouve cela chez bien des saints.

Ils ont des expressions que nous ne pouvons pas accepter, nous autres. Ils se disent les plus grands pécheurs du monde ! Parce que devant la majesté, la lumière, la transparence de Dieu, dans cette lumière qui leur est intime, ils se sentent tellement petits et pauvres qu’ils se disent les plus grands pécheurs. Reconnaître cela, ce n’est pas encore l’humilité, mais il faut l’accepter. L’accepter face à la sainteté de Dieu et comme dit le Sanctus : Toi seul es saint. Nous sommes tous des pécheurs. L’accepter et, si l’humilité est grande, se réjouir. C’est le comble ça, se réjouir d’être pécheur ! La petite Thérèse était heureuse d’avoir commis des fautes. Ça c’est le comble ! Alors qu’elle désirait tant ne pas commettre de fautes, ne pas attrister Dieu de quelque manière que ce soit, attrister Dieu… Et, ayant connu une petite impatience, elle en était heureuse, se disant : Voilà ce que je suis devant Dieu et je suis si heureuse d’être imparfaite pour que Dieu me sauve, pour que tout vienne de Lui.

C’est le sommet de l’humilité : il ne s’agit pas d’aimer le péché, mais d’être heureux de n’être capable que de pécher par soi-même. Pour que Dieu soit notre sainteté. Et alors il n’y a pas moyen de se décourager même après les fautes peut-être même graves. Il n’y a pas moyen de se décourager.

Et saint François de Sales disait : « Lorsque je me sens misérable je ne m’en attriste pas, même quelquefois j’en suis tout joyeux. » Et la petite Thérèse se laissant aller (oh vous savez, une pauvre malade dont les nerfs sont à fleur de peau, il suffit de la toucher, ça s’énerve ! a connu une petite impatience durant sa maladie lorsqu’une sœur est venue l’embêter vraiment et elle se dit tout heureuse : « Il est si bon d’avoir tant besoin de la miséricorde de Dieu lorsqu’on sait que l’on va bientôt mourir. » Heureuse d’être imparfaite. Plus heureuse, dit-elle, que si elle avait été un modèle de patience. Avant Thérèse et avant François de Sales, c’est saint Paul qui le dit : Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » 

Et c’est alors que la grâce m’inonde…

Lasă un răspuns

Completează mai jos detaliile tale sau dă clic pe un icon pentru a te autentifica:

Logo WordPress.com

Comentezi folosind contul tău WordPress.com. Dezautentificare /  Schimbă )

Fotografie Google

Comentezi folosind contul tău Google. Dezautentificare /  Schimbă )

Poză Twitter

Comentezi folosind contul tău Twitter. Dezautentificare /  Schimbă )

Fotografie Facebook

Comentezi folosind contul tău Facebook. Dezautentificare /  Schimbă )

Conectare la %s

Acest site folosește Akismet pentru a reduce spamul. Află cum sunt procesate datele comentariilor tale.