Merci !

Bayard édition

https://www.franceculture.fr/emissions/talmudiques/talmudiques-emission-du-dimanche-27-septembre-2020

Que retiendront les historiens des siècles et des décennies futures de ce que fut l’année 2020, en France et dans le monde ? Sans aucun doute qu’elle fut l’année de la grande pandémie qui bouleversa à la fois les politiques, les économies et les mentalités ! Temps du grand confinement et des petits re-confinements, temps des masques et de la maladie, et de la mort ! Temps d’une transformations de nos habitudes ; temps de gestes interdits, et d’invention de nouvelles manières d’êtres, dans les relations professionnelles, sociales et familiales. 

Ces historiens se souviendront aussi que les premiers moments du grand confinement furent aussi ceux d’un électrochoc qui sembla raviver, au moins pour un temps, une conscience morale, et appelant notre attention sur tout un monde invisible, sur toutes ces personnes engagées, au péril de leur vie, à soigner, protéger, accompagner, réconforter, soutenir, aider, toute les personnes affaiblies par la maladie ou touchées par le deuil.

Il se souviendront alors aussi de tous ces concerts d’applaudissements qui tous les soir à 20 h précises cherchaient à dire toute la reconnaissance et la gratitude de toute une nation envers cet engagement remarquable ! Ils se souviendront de ce grand merci prononcé par des millions de bouches à la fois terrorisées par ce qui se passait et en même temps rassurées par ce qu’il découvraient de ne pas être livrés à la solitude et abandonnés à la déréliction de ces temps difficiles ?

Et ils se souviendront aussi, peut-être, que ce fut alors un moment privilégié où se produisirent non seulement ces élans et ces manifestations de gratitude mais aussi celui d’une interrogation privilégiée sur le sens de ce que représente « la gratitude », sur ce que signifient le mot « reconnaissance » et l’expression « rendre grâce », et en particulier sur la signification ce petit mot qui somme toute reste fortement énigmatique : « Merci » !

Un mot qui n’est pas étranger à la fête de Kippour qui commence ce soir, comme il ne l’est pas de la liturgie synagogale de ce jour et général, lors de chaque office du Chabbat en France par exemple on prononce une bénédiction pour la République Française et le peuple français. Coutume inattendue mais bienvenue qui souligne à quel point le judaïsme possède un attachement particulier et profond à la gratitude, c’est-à-dire aussi une mémoire forte, non seulement pour le mal, mais aussi pour le bien qui a été fait. 

Prière qui n’est pas sans évoquer la prière des soldats juifs anglais qui remerciaient, en 1914, « Mother England » de leur avoir permis de combattre pour la liberté dans ses rangs !

Mais le concept de « gratitude » n’est pas simple et le mot « merci » n’est pas un mot banal. Et exprimer sa reconnaissance requiert un savoir-faire qui exige de la nuance et une fine intelligence.

L’invitée

Professeur émérite de philosophie de l’Université de  Paris-Ouest-Nanterre et qu’à la suite de Levinas, elle explore, comme  elle aime à le dire, le lien entre philosophie et la tradition hébraïque  de la pensée.    

Auteure d’une œuvre très  importante et essentielle, Catherine  Chalier est spécialiste de la pensée d’Emmanuel  Levinas dont elle a  édité avec Rodolphe Calin deux volumes de l’édition  critique à l’IMEC.  Elle est aussi traductrice de l’hébreu.  

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