La dépression, possible chemin vers la sainteté…?

« Tu nous as faits pour Toi… et notre coeur est sans repos

tant qu’il ne repose pas en Toi. » (Saint Augustin)

Le plus illustre peut-être parmi les païens convertis, Augustin d’Hippone, s’adressait ainsi au Dieu qu’il avait longtemps cherché, comme il l’a dit dans ses Confessions, « au-dehors », à la surface des choses, avant de le trouver « au-dedans », là où « l’âme de notre âme », le Vivant, se tient prêt pour la rencontre…

Reconnaître en soi même la  Présence forte, stable, radieuse de Celui qui , essentiellement aimant, infiniment tendre, bon et patient, EST, c’est cela « trouver le repos » de son âme. En d’autres termes, c’est naître à nouveau : naître à son « véritable » moi, à un « essentiel au fond de soi ».

Qu’est-ce à dire ? Où donc est la source de la joie, du bonheur d’être, à quoi nous aspirons, plus ou moins confusément, tous… ? La question nous laisse le plus souvent sans réponse.

Et pourtant, ce « repos » nous le portons en nous… La plupart des hommes savent d’expérience ce que veut dire être en paix avec soi-même et avec le monde… se sentir en quelque sorte « porté » par le sentiment d’exister pleinement. Aux temps plus ou moins paradisiaques de notre lointaine jeunesse, nous avons bien éprouvé la joie d’être « comme un poisson dans l’eau », insouciants et pleinement vivants, dans un environnement beau et bon, en harmonie avec d’autres êtres humains aux yeux de qui nous comptions, qui nous aimaient, protégeaient, et savaient répondre à tous nos besoins. Si chaque poursuit à sa manière le bonheur, si nous cherchons tellement la joie, c’est que nous en avons fait, ne serait-ce que fugitivement, l’expérience.

Mais à certains moments le souvenir des temps heureux, des « verts paradis des amours enfantines », devient peu à peu lointain, inconsistant. Le sens même de la joie s’émousse. On se sent flotter comme un morceau de bois emporté par un courant; on va, sans goût, d’un aujourd’hui grisâtre à un lendemain encore plus morose… Puis, à un moment donné, quelque chose de fâcheux survient, et « trop c’est trop ». C’est la crise…

Or, dans toute vie, les crises sont inévitables. Or il existe un « bon usage des crises » (C. Singer). Par-dessus les nuages noirs, le soleil brille. La route peut donc se poursuivre…

Son but, en dernière instance, et par-delà tous les objectifs temporaires que nous nous donnons, est l’apaisement, le « repos » en Dieu dont parle Augustin. Mais comment s’y prendre ? Comment l’attendre ? Comment y parvenir ?

Ou, plutôt, comment l’accueillir ?

Des réponses, il y en a pas mal, dans toutes les traditions spirituelles, et la raison pour laquelle, en ce petit livre, j’interroge Henri Nouwen, c’est que son cheminement vers la sérénité se poursuivait, souvent même à son insu, alors qu’il traversait des turbulences et pas des moindres… La paix que notre âme désire n’est pas une simple absence de tracas… Sans le combat inlassable contre les forces de la destruction, la foi de l’homme ne reste qu’à un niveau superficiel.

Les exemples des saints sont là pour nous éclairer. Tel celui de saint Jean de la Croix dont nous apprenons, comme l’explique Henri, que « la vraie résistance aux puissances de la destruction peut être un engagement de toute une vie seulement si un amour ardent pour le Dieu de la justice et de la paix le nourrit. Le but ultime de la vraie résistance n’est pas seulement de liquider l’indigence, l’injustice et l’oppression, mais de rendre visible l’amour de Dieu qui restaure tout.  Au milieu des ténèbres, le vrai mystique cherche toujours la connaissance divine…. Saint Jean de la Croix chante le « Cantique de l’âme qui parvient à la connaissance de Dieu. Mais c’est en pleine nuit qu’il chante ce cantique et malgré la nuit ( « aunque es de noche)… C’est entourés de cette divine Lumière que nous vivons, même quand nous ne sommes pas capables de nous en apercevoir. C’est cette Lumière qui nous fait résister au mal et demeurer fidèles au milieu de l’obscurité, toujours en attente du jour où la présence de Dieu nous sera révélée dans toute sa gloire. »

Dans son journal spirituel d’un combat contre la dépression, « La voix intérieure de l’amour », Henri Nouwen se donne à lui-même des consignes qui sont comme des repères de son mémorable – et fécond ! itinéraire de guérison. En voici quelques-unes :

  • Travaille en marge de l’abîme que tu portes en toi
  • Accroche-toi à la Promesse
  • Cesse de vouloir plaire
  • Fais confiance à la voix du dedans
  • Pleure intérieurement
  • Va toujours vers la place solide
  • Mets des limites à ton amour
  • Donne gratuitement
  • Reviens à la maison
  • Tâche de comprendre les limites des autres
  • Fais confiance au lieu de l’unité
  • Demeure attentif à tes intuitions les meilleures
  • Reconnais-toi sans force
  • Reviens encore et encore à la route vers la Liberté
  • Laisse Jésus te transformer
  • Reste avec ta peine
  • Contrôle toute forme de rejet de toi-même
  • Prends ta croix
  • Fais face à l’ennemi

Lasă un răspuns

Completează mai jos detaliile tale sau dă clic pe un icon pentru a te autentifica:

Logo WordPress.com

Comentezi folosind contul tău WordPress.com. Dezautentificare /  Schimbă )

Fotografie Google

Comentezi folosind contul tău Google. Dezautentificare /  Schimbă )

Poză Twitter

Comentezi folosind contul tău Twitter. Dezautentificare /  Schimbă )

Fotografie Facebook

Comentezi folosind contul tău Facebook. Dezautentificare /  Schimbă )

Conectare la %s

Acest site folosește Akismet pentru a reduce spamul. Află cum sunt procesate datele comentariilor tale.