Tout est licite…?

De la catéchèse du pape Benoît XVI du 26 novembre 2008: « Une foi incarnée dans l’amour fait obstacle aux divisions dans l’Eglise »

Nous sommes souvent entraînés dans les mêmes incompréhensions qui ont caractérisé la communauté de Corinthe: ces chrétiens pensaient qu’ayant été justifiés gratuitement dans le Christ par la foi, „tout leur était licite”. Et ils pensaient, et souvent il semble que le pensent également certains chrétiens d’aujourd’hui, qu’il est licite de créer des divisions au sein de l’Eglise, Corps du Christ, de célébrer l’Eucharistie sans prendre en charge nos frères les plus démunis, d’aspirer aux meilleurs charismes sans nous rendre compte que nous sommes membres les uns des autres, et ainsi de suite.

Les conséquences d’une foi qui ne s’incarne pas dans l’amour sont désastreuses, car elle se réduit à l’arbitraire et au subjectivisme le plus nuisible pour nous et pour nos frères. Au contraire, en suivant saint Paul, nous devons prendre une conscience renouvelée du fait que, précisément parce que nous sommes justifiés dans le Christ, nous ne nous appartenons plus, mais nous sommes devenus le temple de l’Esprit et nous sommes donc appelés à glorifier Dieu dans notre corps avec toute notre existence (cf. 1 Co 6, 19).

Ce serait brader la valeur inestimable de la justification si, achetés au prix fort par le sang du Christ, nous ne le glorifions pas avec notre corps. En réalité, tel est précisément notre culte „raisonnable” et en même temps „spirituel”, pour lequel nous sommes exhortés par Paul à „lui offrir notre personne et notre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu” (cf. Rm 12, 1).

A quoi se réduirait une liturgie adressée uniquement au Seigneur, sans devenir, dans le même temps, un service pour nos frères, une foi qui ne s’exprimerait pas dans la charité? Et l’apôtre place souvent ses communautés face au jugement dernier, à l’occasion duquel tous „il nous faudra apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun reçoive ce qu’il a mérité, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps” (2 Co 5, 10; cf. également Rm 2, 16). Et cette pensée du Jugement doit nous éclairer dans notre vie de chaque jour.

Si l’éthique que Paul propose aux croyants ne dégénère pas dans des formes de moralisme et se révèle actuelle pour nous, c’est parce qu’à chaque fois, elle repart toujours de la relation personnelle et communautaire avec le Christ, pour devenir véritable dans la vie selon l’Esprit. Cela est essentiel: l’éthique chrétienne ne naît pas d’un système de commandements, mais elle est la conséquence de notre amitié avec le Christ. Cette amitié influence la vie: si elle est véritable, elle s’incarne et se réalise dans l’amour pour le prochain.

C’est pourquoi toute décadence éthique ne se limite pas à la sphère individuelle, mais elle est dans le même temps une dévaluation de la foi personnelle et communautaire:  elle dérive de celle-ci et influe sur elle de manière déterminante. Laissons-nous toucher par la réconciliation, que Dieu nous a donnée dans le Christ, par l’amour „fou” de Dieu pour nous: rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de son amour (cf. Rm 8, 39). C’est dans cette certitude que nous vivons. C’est cette certitude qui nous donne la force de vivre concrètement la foi qui œuvre dans l’amour.

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