« Il faut que lui grandisse et que moi, je diminue. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,22-30.


En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification.
Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue.

Patristique. „Grandir ou diminuer ?” par saint Augustin

« Il faut que lui, il grandisse et que moi, je diminue. » En Jean la justice humaine avait trouvé le sommet que l’homme pouvait atteindre. La Vérité elle-même (Jn 14,6) disait : « Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,11) ; aucun homme donc n’aurait pu le dépasser. Mais il était seulement homme, alors que Jésus Christ était homme et Dieu. Et puisque selon la grâce chrétienne on nous demande (…) de ne pas nous glorifier dans nous-mêmes, mais « si quelqu’un se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur » (2Co 10,17), (…), pour cette raison Jean s’écrie : « Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue. »

Bien sûr en lui-même Dieu n’est ni diminué ni augmenté. Mais dans les hommes, au fur et à mesure que progresse la vraie vie spirituelle, la grâce divine grandit et la puissance humaine diminue, jusqu’à ce que le temple de Dieu, qui est formé de tous les membres du corps du Christ (1Co 3,16), arrive à sa perfection, que toute tyrannie, toute autorité, toute puissance soient mortes, et que Dieu soit « tout en tous » (Col 1,16; 1Co 15,28). (…)
  « Le Verbe était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde (…) ; tous nous avons reçu de sa plénitude » (Jn 1,9.16). En elle-même la lumière est toujours totale ; elle s’accroît pourtant en celui qui est illuminé, et il est diminué lorsque ce qui était sans Dieu en lui est détruit. Car sans Dieu l’homme ne peut que pécher, et ce pouvoir humain diminue lorsque la grâce divine triomphe et détruit le péché.
La faiblesse de la créature cède à la puissance du créateur et la vanité de notre égoïsme s’effondre devant l’amour qui remplit l’univers. Du fond de notre détresse Jean Baptiste acclame la miséricorde du Christ : « Il faut que lui grandisse et que moi, je diminue. »

Méditation de l’Evangile du samedi 9 janvier 2021

Jésus fut un ami incomparable et cela pour nombre de ses contemporains. L’un de ses privilégiés fut Jean-Baptiste, le courageux Jean-Baptiste. Rien n’altérera leur amitié, pas même le piège redoutable de l’envie.

“Les disciples de Jean eurent donc une contestation avec un juif à propos de purification. Ils vinrent vers Jean et lui dirent : Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, auquel tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise ! Et tout le monde va à lui…”

Voilà sorti le bout de l’oreille. Les disciples de Jean-Baptiste voient avec dépit ce concurrent envahir leur zone d’influence spirituelle. Jean-Baptiste, au contraire, s’en réjouit. Sa réponse est franche et limpide, massive même. Il n’épouse pas leur querelle car pour lui se réalise le temps si longuement désiré, et attendu, des noces de Dieu avec son peuple.

Voici l’époux ! Cette espérance vécue par tant d’hommes et de femmes d’Israël depuis Abraham se réalise devant ses yeux ; aussi est-il tout à la joie de cet énement qui va bouleverser le monde, bien plus profondément que toutes les batailles.

“Il n’appartient pas à l’homme, répondit Jean, de prendre ce qui ne lui est pas donné du Ciel. Vous-mêmes me rendez témoignage que j’ai dit : Je ne suis pas le Christ. Mais j’ai été envoyé devant Celui-là. Celui qui a l’épouse est l’époux; mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l’entend, éprouve la joie la plus vive, à cause de la voix de l’époux. C’est bien là ma joie, qui est à son comble ! Il faut que Celui-là croisse et que moi je diminue ! “

Il existe entre Jésus et Jean-Baptiste une amitié profonde que n’atteint pas la jalousie de leurs disciples. Jean a reconnu Jésus comme l’envoyé de Dieu, Celui qui enlève le péché. En rien, il ne voudrait prendre la place du Seigneur. Il est le Héraut du Christ, c’est tout.

Il l’annonce, propose le chemin. Si le Christ supplante son influence dans le peuple, rien de plus normal pour lui. Il est si heureux, lui, Jean, de voir arriver le grand jour des épousailles entre le Christ et son peuple.

Lui, l’ami de l’époux se réjouit à la voix de l’époux qui résonne maintenant dans tout le pays de Judée. Oui, sa joie est complète, car son rôle à lui est terminé. Il s’efface devant son ami avec une discrétion totale.

Quel exemple pour l’apôtre de tous les temps !

Père Gabriel, Hozana, Oraweb.

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