„Qui demeure à l’abri du Très-Haut…”

Des termes pour dire « maison » apparaissent souvent dans les Ancien et Nouveau Testaments. Les Psaumes débordent de la nostalgie d’une demeure en Dieu. On y aspire à trouver refuge „sous les ailes de Dieu”, de trouver protection dans le temple saint de Dieu ; on bénit le lieu saint de Dieu, la merveilleuse tente de Dieu, on se réjouit du refuge, de la place forte, du rempart qu’offre Dieu. Nous pourrions même dire que « habiter dans la maison de Dieu » est une somme des aspirations exprimées dans les prières inspirées. Il est donc hautement significatif le fait que saint Jean décrit Jésus comme le Verbe fait chair… qui a habité parmi nous (Jn 1,14).

D’une part, Jésus est celui qui invite Jean et son frère André à venir voir « où il habite » (Jn 1,38-39), d’autre part il se révèle petit à petit comme étant lui-même « le nouveau temple » (Jn 2,19) et « le nouveau refuge » (Mt 11,28). La révélation plénière sera faite dans le discours d’adieux, où Jésus se révèle comme « va véritable demeure » : « Demeurez en moi comme je demeure en vous » (Jn 15,4).

En nous choisissant pour être sa demeure préférée, Jésus nous invite à LE choisir comme notre demeure préférée. Tel est le mystère de l’incarnation. On l’exprime au cours de l’Eucharistie, quand le prêtre verse un peu d’eau dans le vin en disant : « Comme cette eau se mêle au vin, puissions-nous avoir part à la divinité de celui qui s’est abaissé jusqu’à partager notre humanité ».

Cet échange sacré exprime tout l’amour de Dieu pour nous. Dieu a tellement désiré répondre à notre aspiration la plus profonde à avoir notre demeure en lui, qu’il a décidé de bâtir sa tente parmi les hommes. Nous pouvons ainsi rester pleinement humains et en même temps avoir notre demeure en Dieu. Dans « ces temps qui sont les derniers » disparaît la distinction entre ce qui est loin et ce qui est proche. Dieu, qui est infiniment loin, devient proche, en assumant notre condition humaine mortelle. Il nous offre ainsi une intimité au sein de laquelle nous sommes le plus nous-mêmes quand nous sommes le plus « comme Dieu ».

A ceux qui cherchent désespérément la maison de l’amour où ils pourront trouver l’intimité que désire leur cœur, Jésus dit : « Tu as une maison… Je suis ton chez toi… attache-toi à moi comme à ta maison… tu la trouveras au point le plus profond de ton cœur où j’ai fait ma demeure… c’est là où tu es… dans ton être le plus profond… dans ton cœur. » Plus nous faisons attention aux paroles de Jésus et plus nous comprenons que nous n’avons pas à aller très loin pour trouver ce que nous cherchons. La tragédie est que la peur nous possède à tel point, que nous n’avons pas confiance à notre être profond, et alors nous nous agitons et allons d’un endroit à l’autre espérant trouver ce qu’il nous fait là où nous ne sommes pas. Nous essayons de trouver ce lieu du bonheur dans la connaissance, la compétence, la notoriété, les succès, les amis, les sensations, le plaisir, ou dans des états de conscience artificiellement provoqués. Nous devenons alors des étrangers à nous-mêmes, des gens qui ont un domicile mais ne sont jamais chez eux.

Henri Nouwen, traduction personnelle d’après Lifesigns (Signes de vie)

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