Voici le corps brisé

Résultat de recherche d'images pour "grunewald crucifixion"

« Voici l’agneau de Dieu. »
Évangile selon saint Jean, chapitre 1, verset 29
 
Méditation de fr Thierry-Marie Courau, Paris
Sur ce détail du tableau (La crucifixion, par Mathias Grünewald),
Jean le Baptiste survient dans le désert des vies et désigne le corps brisé, tordu sur la croix, l’Agneau de Dieu, pour qu’en le voyant, la Parole qu’Il est soit reçue.
 

Nous aussi, aujourd’hui, nous cherchons le sens de la vie, le sens dans le chaos de notre vie, dans sa complexité et sa dispersion. Il vient à nous dans la Parole.

Entre le travail et le divertissement, quel temps nous reste-t-il pour la voir, l’entendre et l’écouter ? Pour lui donner sa chance de venir nous toucher, voire nous blesser, et nous conduire au sens ? Mais où se donne-t-elle ? Comment la trouver ? Comment la chercher ? Comment se laisser trouver par elle et en faire l’expérience vive ?

En l’Amour, corps et Parole ne font qu’un. Rencontrer la Parole de Dieu demande de voir le corps qui lui donne sa forme : « Ceci est mon corps » .

Le corps de la Parole vient à nous de multiples manières. Le Triduum pascal, qui s’ouvre à partir de demain, jeudi, est un temps privilégié pour voir et « re-ce-voir » le corps ainsi désigné.

C’est le moment de prendre le temps de lire et de relire ne serait-ce qu’un Évangile du début à la fin.

C’est le moment de se mettre à l’écoute des oubliés que nous croisons sur nos routes.

C’est le moment de reconnaître dans un croyant d’une autre manière un signe du Royaume qui ne cesse de venir à nous par lui.

C’est le moment de s’engager dans un travail de réconciliation en le confiant au Christ.

La « Parole en corps » est là, à proximité. Rendons-nous disponibles au désir qui grandit en nous, qui nous envoie au désert où, sans nul doute, un Jean-Baptiste nous la fera voir. Il ne tiendra qu’à nous de recevoir ce corps en son Eucharistie.

Lourdes, février 1858

Première apparition de la Vierge Marie à Lourdes, le 11 février 1848.

Accompagnée de sa soeur et d’une amie, la jeune Bernadette Soubirous se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte : „J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied”. Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.

Passer par la porte étroite

Afficher l'image d'origine

Luc 13, 22-3O

„L’Évangile aborde, en ce dimanche, la question de notre appartenance au Royaume de Dieu. Une question posée à Jésus donne d’abord à penser que le salut éternel serait le fait d’une minorité. « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés? »  La réponse de Jésus est prudente. Il ne se prononce pas sur le nombre, mais il nous parle plutôt des conditions requises pour entrer dans le salut de Dieu. Qu’il faut d’abord le vouloir.  Que ce qui est certain,  c’est que Dieu a les bras grand ouverts, qu’il souhaite sauver tout le monde, qu’il veut rassembler le plus grand nombre possible d’hommes et de femmes pour en faire ses amis et leur donner place au festin dans son royaume.

Toutefois le Seigneur nous met en garde contre une certaine présomption de notre part, où nous prendrions pour acquis que notre salut est assuré.  Ce serait nous méprendre. Il n’y a pas de places réservées dans le Royaume des cieux. Chacun, chacune doit envisager d’y entrer par la porte étroite. Une façon de nous dire qu’il faut nous y prendre de bonne heure. Qu’il y a un effort à fournir. Qu’il nous faut prendre le chemin trop peu fréquenté de l’amour, du don de soi et du service; le difficile chemin d’un engagement généreux pour la miséricorde et le pardon. Qui perd sa vie, la gagne. C’est la porte étroite de la croix, c’est le Christ lui-même et son mystère pascal.

Vous aurez des surprises, nous dit Jésus. Des gens qu’on disait loin, sont plus proches qu’on pense. Ils ont à cœur leurs frères et sœurs, ils pratiquent la solidarité et la justice, ils vivent les valeurs de l’Esprit que leur dicte une conscience droite. Ils font le bien. Ils accomplissent la volonté de Dieu dans les circonstances qui sont les leurs. Alors que d’autres, officiellement en règle et membres de l’Église, tout en étant instruits de la Parole et nourris des sacrements, font obstruction à la miséricorde, pratiquent l’injustice et l’oppression. Ils ne sont pas dans l’esprit du  Royaume. Le Christ ne peut les reconnaître.

Qu’en est-il de nous ?  Le Seigneur pourra-t-il nous reconnaître à la fin?  Il faut y réfléchir sérieusement et nous convertir pendant qu’il en est encore le temps, profitant du fait que le Seigneur lui-même nous corrige et nous fait la leçon. Les épreuves sur notre route, il permet qu’elles nous arrivent pour nous purifier, nous ramener sur le bon chemin. Acceptons volontiers le secours de ces remontrances. Elles sont notre chance. Elles nous mènent à la conversion qui fait que le Seigneur de miséricorde peut enfin nous reconnaître comme ses amis et nous faire entrer déjà dans la joie de son Royaume.”

Fr. J. Marcotte, Montréal

Afficher l'image d'origine

 Photos: En Egypte, en Syrie

Magnificat anima mea Dominum

Vizita Mariei la Elisabeta, Evanghelia sf Luca, 1

  39 În zilele acelea, Maria a pornit şi s-a dus în grabă către ţinutul muntos, într-o cetate z a lui Iuda. 40 A intrat în casa lui Zaharia şi a salutat-o pe Elisabeta. 41 Când a auzit Elisabeta salutul Mariei, a tresărit copilul în sânul ei, iar Elisabeta a fost umplută de Duhul Sfânt 42 şi a exclamat cu glas puternic: „Binecuvântată eşti tu între femei şi binecuvântat este rodul sânului tău. 43 Şi de unde îmi este dată mie aceasta ca să vină mama Domnului meu la mine? 44 Iată, când a ajuns glasul salutului tău la urechile mele, a tresăltat de bucurie copilul în sânul meu. 45Fericită aceea care a crezut că se vor împlini cele spuse ei de Domnul!”
     46 Maria a spus:
    „Sufletul meu îl preamăreşte pe Domnul
47    şi duhul meu se bucură în Dumnezeu,
    Mântuitorul meu,
48    pentru că a privit umilinţa slujitoarei sale;
    iată că de acum
    toate generaţiile mă vor numi fericită,
49    pentru că Cel Puternic
    mi-a făcut lucruri mari:
    sfânt este numele lui.
50    Îndurarea lui faţă de cei ce se tem de el
    este din generaţie în generaţie.
51    Şi-a arătat puterea braţului a său:
    i-a risipit pe cei mândri
    cu planurile inimii lor;
52    i-a răsturnat pe cei puternici de pe tronuri
    şi i-a înălţat pe cei umili;
53    i-a umplut cu bunuri pe cei flămânzi,
    iar pe cei bogaţi i-a trimis cu mâinile goale;
54    a venit în ajutorul lui Israel, slujitorul său,
    amintindu-şi b de îndurarea sa,
55    după cum a promis părinţilor noştri,
    lui Abraham şi urmaşilor lui
    pentru totdeauna”.
     56 Maria a rămas cam trei luni cu ea, apoi s-a întors la casa ei.

Sabbat

«  Les femmes trouvèrent la pierre roulée
sur le côté du tombeau. Elles entrèrent,
mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.  »
Évangile selon saint Luc, chapitre 24, versets 2 & 3
La méditation Mgr David Macaire
Il n’y a pas grand-chose à faire aujourd’hui. À Jérusalem, c’est le sabbat, la commémoration hebdomadaire du repos divin. Après que tout a été accompli, Dieu s’est reposé. De même, le Fils de l’homme repose au tombeau. L’œuvre du salut, plus admirable encore que l’œuvre de la création, mérite ce grand calme du Samedi saint. Seul le repos apaise le cœur. L’Église aussi, comme les disciples, attend, les yeux fermés.
De fait, il n’y a pas grand-chose à voir dans la nuit. Les saintes femmes attendront le jour pour visiter et embaumer le corps de celui qu’elles aiment, mais le spectacle risque d’être bien triste dans la pénombre du tombeau, elles se dépêcheront. Et pourtant, seule cette nuit permet de voir… Il n’est pas prévu qu’elles s’attardent, elles se tairont, car la mort semble avoir le dernier mot. D’ailleurs, il n’y a pas grand-chose à dire ce matin. Tout a été dit : le Verbe est venu, le Verbe est né, le Verbe a parlé, le Verbe a souffert, le Verbe est mort… Qu’ajouter encore à la plénitude de la révélation ? Seul le silence permet d’entendre.
Rien à faire, rien à voir et rien à dire : le mouvement de l’histoire est comme arrêté. Mais celui du cœur et de l’esprit est d’autant plus en ébullition. Et si repos, nuit ou silence sont une ambiance de mort pour certains, ils signalent le temps de l’espérance pour d’autres. Ceux qui croient que, dans le repos, la vie entre en mouvement ; que la lumière jaillit de la nuit et qu’un cri de victoire viendra transpercer le silence. Tout est en devenir : la vie arrive, le règne de la Miséricorde arrive.
Méditation enregistrée dans les studios de Radio Saint Louis (Martinique)
Pour aller plus loin avec la Parole
Quand l’agneau ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d’environ une demi-heure.

Livre de l’Apocalypse, chapitre 8, verset 1.

Dans ses blessures…

Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Isaïe 50,9

Le Fils de Dieu vit ses derniers jours sur cette terre:

Le Serviteur de Dieu prophétisé par Isaïe, c’est lui.

Ce qui était annoncé, il l’accomplira pour nous.

Quelle signification donner au destin tragique de Jésus ?

Mystère insondable de notre iniquité !

Face aux horreurs de notre histoire, Dieu n’est ni indifférent ni passif.

Comment alors ne pas tout déposer au pied de la croix de son Christ… ?

Comment ne pas croire à son pardon… ?

« Où est-il, votre Dieu » face à l’iniquité du mal ?

Que les sceptiques gardent pour eux leur ironie !

Le Christ en croix est la réponse à quiconque doute de la compassion du Père.

Scellée par la souffrance rédemptrice du Christ, la parole de Dieu est crédible.

Quiconque l’a accueillie un jour au cœur de sa détresse, ne serait-ce qu’un moment, le sait bien.

Seigneur, donne à chacun de nous un peu de l’intelligence du mystère de la Croix. Fais que notre vie soit cohérente avec ce que tu nous fais connaître, et si tu veux que nous pratiquions avant de connaître, que nous aimions avant de comprendre, donne-nous ton Esprit à travers ta mort et ta Résurrection glorieuse.

+Carlo Maria Martini

2006-08-24 11-32-51 Retraite +á Ottrott 023

 

 

Rameaux et Passion

Jesus_Jerusalem-624x347

Aujourd’hui, sa glorieuse Passion !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 19, 28-40)

En ce temps-là,
Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.
Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie,
près de l’endroit appelé mont des Oliviers,
il envoya deux de ses disciples, en disant :
« Allez à ce village d’en face.
À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché,
sur lequel personne ne s’est encore assis.
Détachez-le et amenez-le.
Si l’on vous demande :
‘Pourquoi le détachez-vous ?’
vous répondrez :
‘Parce que le Seigneur en a besoin.’ »
Les envoyés partirent
et trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit.
Alors qu’ils détachaient le petit âne,
ses maîtres leur demandèrent :
« Pourquoi détachez-vous l’âne ? »
Ils répondirent :
« Parce que le Seigneur en a besoin. »
Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus,
jetèrent leurs manteaux dessus,
et y firent monter Jésus.
À mesure que Jésus avançait,
les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.
Alors que déjà Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers,
toute la foule des disciples, remplie de joie,
se mit à louer Dieu à pleine voix
pour tous les miracles qu’ils avaient vus,
et ils disaient :
« Béni soit celui qui vient,
le Roi, au nom du Seigneur.
Paix dans le ciel
et gloire au plus haut des cieux ! »
Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule,
dirent à Jésus :
« Maître, réprimande tes disciples ! »
Mais il prit la parole en disant :
« Je vous le dis :
si eux se taisent,
les pierres crieront. »

COMMENTAIRE du fr. Jacques Marcotte, Montréal

La liturgie de ce jour est déjà longue… Il ne faut pas trop en rajouter.  Laissons simplement le récit de la Passion du Seigneur faire son chemin en nous, en méditant sur quelques détails de ce parcours troublant de notre Seigneur.

Nous vivons en ce jour une liturgie toute en contrastes. Elle évoque d’une part la gloire et le triomphe du Seigneur et d’autre part son épreuve, sa souffrance, ses persécutions subies, et sa mort à la fin.  C’est une sorte de passage inversé à vivre comme un grand paradoxe, qui annonce pourtant Pâques et la victoire prochaine.

Nous venons de vivre en mystère cette victoire qui déjà s’annonçait, en vérité, non seulement lors de la royale entrée de Jésus à Jérusalem – que nous avons évoquée en début de célébration, – mais aussi tout au long du long récit de Luc, où tellement de détails font bien voir le penchant de miséricorde et de compassion dans lequel balance Jésus, de tout son cœur, de tout son être.

La Passion du Seigneur selon S. Luc se déroule sur un mode majeur; elle chante la victoire et la puissance du Christ en son épreuve elle-même; elle nous parle d’un Christ qui s’avance avec sérénité sur un chemin de compassion, de pardon, de guérison, de bienfaisance.  Chez lui point de révolte, ni de repli sur soi, ni de panique. Plein de détails nous révèlent déjà les effets merveilleux de l’offrande du Christ. 

Nous avons vu par maints détours et circonstances que le mystère de la Rédemption était à l’œuvre déjà : « Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… », // « Filles de Jérusalem, pleurez sur vous, sur vos enfants… »,  // « Aujourd’hui tu seras avec moi en paradis… ». 

En cette lecture de la Passion, en cette eucharistie mémorial vivant de la Pâques du Seigneur, en cette Sainte Semaine, en nos propres vies marquées de mort, de souffrance, de peurs et de péchés, en tous nos signes de croix, nos gestes d’humanité et nos élans de charité, le Christ Sauveur avance avec nous, nous avançons avec lui.  Laissons donc le Mystère de sa Pâques nous toucher et produire dans nos vies, dans le monde, – aujourd’hui -, des effets de conversion, de guérison, d’amour et de tendresse, de relèvement salutaire.  Que dans la puissance de notre communion, avec lui et entre nous, nous soyons partie prenante de son œuvre de salut !